Paul St-Pierre Plamondon juge le mot « squaw » inacceptable, mais n’a pas pour autant l’intention de dégommer son candidat François Gariépy, alias « M. Radio X », qui l’a déjà utilisé pour décrire des femmes autochtones. « On ne peut pas effacer l’histoire », plaide le chef péquiste.
Les candidatures controversées monopolisent allègrement le début du marathon électoral pour plusieurs formations politiques. Le Parti Québécois n’y fait pas exception.
L’aspirant député de Charlevoix–Côte-de-Beaupré a eu recours à ce terme chargé dans un balado en 2022, a révélé La Presse. À l’époque, il racontait l’histoire de sa mère, une sage-femme, qui « a accouché des squaws à Maria, en Gaspésie, qui ne se rendaient pas à l’hôpital ».
PSPP a été rattrapé par cet épisode au lancement de sa campagne, qui s’est tenu jeudi dans sa circonscription montréalaise de Camille-Laurin en compagnie d’une brochette de candidats.
« Je veux juste être clair, le mot en question jamais ne sera utilisé au Parti Québécois, jamais ne sera toléré au PQ, a assuré le leader souverainiste. C’est inacceptable. »
Dans une déclaration transmise aux médias, François Gariépy a présenté ses excuses et s’est engagé à ne plus utiliser ce terme.
PSPP s’est une fois de plus porté à la défense de son candidat. « Il a témoigné de quelque chose dans les années 80, en faisant référence à sa mère, a-t-il insisté. On ne peut pas effacer l’histoire. Si vous retournez dans les années 70 et 80, le langage n’avait rien à voir avec aujourd’hui. »
Il y a quelques jours à peine, le chef péquiste avait aussi dû venir à la rescousse de l’ex-animateur radio au sujet de déclarations passées sur des « madames toutes nues » qui vendent du contenu osé sur la plateforme OnlyFans.
« Il ne faut pas non plus verser dans une société où la liberté d’expression est finalement enrayée parce que tout le monde a peur d’être banni, annulé, cancellé, croit-il. Je pense que ce serait une erreur de commencer à annuler et bannir tout le monde sur la base de ce qu’on trouve sur leur page Facebook il y a 15 ans. »
PSPP encourage les mots disgracieux
Pour le ministre Ian Lafrenière, PSPP encourage ni plus ni moins l’utilisation de propos disgracieux en ne dénonçant pas clairement son candidat.
« Il a décrit une femme autochtone avec des propos qui sont disgracieux, je ne peux pas les répéter », s’est insurgé jeudi le ministre de la Sécurité intérieure et responsable des relations avec les Premières Nations, « choqué ».
Plus encore, le ministre ne saisit pas la désinvolture du leader souverainiste.
« Lorsqu’on fait ça, et que notre chef ne sort pas pour décrier ce qu’on a dit, c’est un petit peu une forme [...] d’acceptabilité, puis même d’encouragement aux autres d’aller dans cette voie-là », insiste-t-il.
Le chef libéral Charles Milliard estime pour sa part que défendre de tels propos, c’est « indigne de quelqu’un qui souhaite accéder à la fonction de premier ministre du Québec ».
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