M. Duhaime, achetez-vous une soutane et ça presse!

1 week ago 12

La meilleure idée qu’a pu trouver le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime pour améliorer l’accès aux services de garde au Québec ? Encourager les femmes à rester à la maison.

Finie l’expansion du réseau des CPE, vive les mesures natalistes qui encouragent les familles à avoir davantage d’enfants.

Au lieu de poursuivre le développement d’un réseau qui a représenté une véritable révolution pour les Québécoises, le chef du PCQ verserait 100 $ par enfant chaque semaine aux parents les gardant à la maison.

J’écris ces lignes, en 2026, et je peine à y croire tant il s’agit d’une idée passéiste.

Qu’on procure au plus vite à Éric Duhaime une soutane comme les curés du XXe siècle, qui encourageaient nos grands-mères à enfanter pour sauver la nation canadienne-française.

Au secours !

Femmes désavantagées

Comme l’a souligné la cheffe Christine Fréchette, ces mères qui choisiraient l’option du PCQ seraient pénalisées financièrement.

Et si elles souhaitaient revenir au travail, elles risqueraient aussi de se heurter à un manque de places.

Car vous aurez compris que les parents concernés sont surtout des femmes, qui gagnent toujours un salaire moins élevé dans la majorité des foyers.

Sans services de garde, ce sont donc elles qui, la plupart du temps, demeurent à la maison.

Selon une étude socio-économique menée en 2025 par l’organisme Ma place au travail, elles sont aussi beaucoup plus nombreuses à prendre un congé supplémentaire (avec ou sans solde) pour s’occuper des enfants pendant la période sans place (63 % comparativement à 15 % pour les hommes).

Améliorer le réseau

Au lieu de plomber le système, tâchons de l’améliorer.

Depuis sa création, m’avait expliqué sa fondatrice, Pauline Marois, le réseau québécois de centres de la petite enfance (CPE) a permis à de nombreuses Québécoises de retourner sur le marché du travail.

Il a contribué à la richesse de la société, en permettant à des femmes et des enfants de sortir de la pauvreté.

Ces femmes, qui ont payé des impôts, ont pu gagner de l’autonomie, grâce à un salaire et un fonds de pension.

Se désolant du manque d’accessibilité, Mme Marois m’a fait valoir qu’il ne fallait plus développer de services de garde à but lucratif ou commerciaux, pour n’accorder des permis qu’aux CPE existants ou à naître.

« J’irais jusqu’à racheter les permis et à inviter les parents à s’approprier les conseils d’administration de ces centres, avait-elle exposé. Il y a un coût à payer, ça, c’est sûr, mais j’irais jusque-là ».

Souhait des parents

Cette solution est tout à fait en adéquation avec le souhait des parents québécois.

Selon la même étude précitée, 88 % des parents ayant une place dans un milieu non subventionné souhaiteraient changer pour un milieu subventionné, et 70 % aimeraient intégrer un CPE si l’occasion se présentait.

Comprenez-moi bien. Je respecte celles qui choisissent de demeurer au foyer.

Mais ça ne peut être l’avenue qu’emprunte notre société progressiste, où les femmes se sont tellement battues pour obtenir les mêmes chances.

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