Les contre-tarifs à l’assaut de votre portefeuille

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Qu’on n’appuie ou non les mesures de rétorsion décidées par le gouvernement de Mark Carney, celles-ci auront un impact sur notre portefeuille et sur celui de nos entreprises.

Que les contre-tarifs soient de 15, 25 ou 50 %, les 28 milliards de dollars d’importations américaines nous coûteront plus cher. Cette taxe, si elle vise les Américains politiquement, vise les Canadiens économiquement.

Les produits touchés

À partir de quand les contre-tarifs vont-ils apparaître sur votre facture... et sur quoi ?

Le Canada a identifié une longue liste de plus de 700 produits américains, représentant une valeur totale de près de 28 milliards de dollars : la logique du « dollar-pour-dollar » s’appliquant, comme promis.

Dans cette liste, on retrouve des produits très concrets sont visés comme des réfrigérateurs et congélateurs, laveuses et sécheuses, meubles en bois ou en plastique, papier de toilette et des outils.

Dans plusieurs cas, acheter d’une compagnie coréenne comme LG ou Samsung, ou une Européenne comme Bosch, Miele ou Electrolux, ne vous sauvera pas puisque ces entreprises produisent de nombreux appareils en sol américain.

La bisbille commerciale qui sévit entre Carney et Trump risque donc d’impacter, par la bande, des pays « amis » qui ont le malheur d’avoir installé une usine au Sud de la frontière.

Ou encore, ces mesures pourraient nous amener à acheter des produits de marques américaines, épargnés de nos contre-tarifs s’ils sont fabriqués au Mexique.

La mesure de l’impact

Fort heureusement, l’imposition de tarifs de 50 % ne se traduira pas nécessairement par des prix de 50 % plus élevés à la caisse.

D’abord, il faut savoir que le tarif est calculé sur la valeur douanière à l’importation, et non sur le prix de vente au détail. Un meuble vendu 1000 $ peut très bien être acheté 500 $ au fournisseur ; le tarif de 250 $, imposé sur le prix payé à la douane, correspond donc à 25 % du prix de vente final.

En plus, le producteur, le distributeur et le détaillant peuvent choisir de réduire leur marge bénéficiaire (pour les secteurs où c’est possible).

Au final, on payera peut-être « seulement » 10 ou 15 % de plus, ou même... rien.

Soyons optimistes ; bien que pour nos entreprises, cela est évidemment de bien mauvais augure.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Ça va se régler, non ?

La dernière chose qu’il faut se demander, c’est combien de temps cette mascarade durera.

Plusieurs détaillants auront, pendant un moment, des stocks entrés au Canada avant le 8 septembre. Les marchandises déjà en transit lors de l’entrée en vigueur sont aussi exemptées.

L’effet sur le prix final risque donc d’être graduel, et assez variable.

On comprend, le désir de vengeance. Œil-pour-œil, dent-pour-dent, dollar-pour-dollar.

Le Canada n’a pas les moyens

Une fois cela dit, le Canada n’a ni les moyens, ni les reins assez solides pour survivre à une véritable “guerre” commerciale avec les Américains.

Inévitablement, ces contre-tarifs devront être abaissés, ou carrément supprimés.

Au fond, le paradoxe des contre-tarifs est assez simple : politiquement, ils sont conçus pour faire mal aux Américains.

Économiquement, on espère qu’ils feront suffisamment mal aux producteurs américains pour les pousser à faire pression sur Washington.

Mais entre les deux, il y a nous, et notre portefeuille.

Ne l’oublions pas.

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