Alexandre Bissonnette, l’auteur de la tuerie de la grande mosquée de Québec, veut être transféré de pénitencier parce qu’il craint pour sa sécurité parmi les pires criminels du pays.
Moins de 10 ans après l’attentat qui a coûté la vie à six personnes lors de la prière du soir, Bissonnette croit qu’il n’a plus sa place au pénitencier de Port-Cartier. Il s’agit d’un centre de détention à sécurité maximale, où sont détenus les criminels les plus dangereux au Canada.
Dans une requête déposée récemment au palais de justice de Montréal, il demande à être transféré vers un pénitencier à sécurité moyenne.
« Obliger un individu dont la santé mentale est fragile à vivre dans un endroit où certains détenus n’ont rien à perdre et peuvent vouloir se faire un nom en l’assassinant ne fait pas partie du mandat confié aux Services correctionnels », mentionne-t-on dans le document judiciaire consulté par Le Journal.
Alexandre Bissonnette avait avoué ses crimes motivés par la haine et avait été condamné en 2019 à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 40 ans. La Cour d’appel avait ensuite réduit sa peine, estimant qu’il pourrait demander d’être libéré conditionnellement après 25 ans.
Santé mentale
Le tueur de masse de 36 ans a été détenu au Centre régional de santé mentale, à Sainte-Anne-des-Plaines, entre 2019 et 2023 puisqu’il était « fragile et souffrant, il était aux prises avec un trouble de santé mentale probable non traité depuis plusieurs années ».
Dès 2021, son équipe clinique souhaitait un transfert vers une unité de soins de santé mentale d’un établissement à sécurité moyenne situé à proximité.
Mais, lors de son congé psychiatrique en 2023, Alexandre Bissonnette a plutôt été dirigé vers le pénitencier de la Côte-Nord, « à des centaines de kilomètres de ses parents qui le soutiennent depuis son incarcération ».
Cote de sécurité
Dernièrement, l’équipe de gestion de cas du meurtrier a encore une fois déterminé que sa cote de sécurité était estimée à modérée.
Mais la direction de l’établissement de Port-Cartier « a plutôt choisi de faire sa propre analyse du risque » afin de conclure que le meurtrier devait demeurer dans un pénitencier à sécurité maximale.
L’avocate carcérale de Bissonnette, Me Sylvie Bordelais, estime que la seule raison pour laquelle cette cote de sécurité est maintenue est que les autorités ne veulent « pas faire face au tollé que susciterait un transfert hors de Port-Cartier ».
« On peut aussi s’interroger sur la volonté des intimés de maintenir un individu loin des siens et isolé en raison de sa santé mentale fragile. Ne serait-ce pas une forme de discrimination ou simplement un traitement cruel et inusité ? » se questionne Me Bordelais dans la requête.
Elle a ainsi demandé à un juge d’ordonner qu’Alexandre Bissonnette soit transféré de pénitencier. La requête sera débattue ultérieurement au palais de justice de Québec.
Il pourra faire une demande de libération conditionnelle en 2042.
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1 week ago
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