La sagacité du roi Charles III dans sa visite historique aux États-Unis à l’occasion du 250e anniversaire de l’Indépendance américaine est indéniable.
Même s’il « règne, mais ne gouverne pas », comme ses parents, grands-parents et ancêtres, Charles III s’est permis, en maniant la langue anglaise et l’humour, d’adresser des messages substantiels au président Trump et à son administration.
Ce fut jouissif.
Leçons royales
Entre autres, Charles III a subtilement rappelé la nécessité que le pouvoir exécutif soit « soumis à des freins et des contrepoids », règle qui irrite l’actuel locataire de la Maison-Blanche, qui se voit comme un roi absolu.
Les États-Unis ont fait la révolution pour se libérer de la monarchie des Anglais ! 250 années plus tard, c’est le descendant de George III (tant honni par les révolutionnaires) qui sert une leçon de démocratie à la république en rappelant un élément central de la démocratie américaine hérité de l’expérience britannique : la séparation des pouvoirs.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Le français !
Un des nombreux traits d’esprit de Charles III nous concerne :« Vous avez récemment déclaré, monsieur le président, que sans les États-Unis, les pays européens parleraient allemand. Puis-je me permettre de dire que sans nous, vous parleriez français... ! » Emmanuel Macron a répliqué sur X avec humour : « That would be chic ! » For sure...
Hier matin, en courant sur les plaines d’Abraham, là où les soldats britanniques sont montés au champ de bataille le 13 septembre 1759, j’ai eu une révélation : c’était la première fois que j’entendais un monarque britannique, publiquement, osant faire référence à la conquête anglaise de manière favorable ! (Espérons que ça n’inspire pas trop Mark Carney.)
Je me suis même demandé si nous devrions nous scandaliser ! Mais la colère pourrait paraître ridicule : « Louis XV n’était pas Hitler ! » ; « Et notre résilience francophone, votre excellence ? Et celle des francos partout aux États-Unis ? » Valait mieux s’abstenir.
Ignorance française
La colère, en fait, elle m’est venue en lisant Le Monde – journal de référence en France –, qui a conclu que Charles III avait fait référence à... la vente de la Louisiane par Napoléon en 1803.
L’invisibilité du Québec et de son histoire, en France, est souvent déconcertante. Un ami historien me l’explique ainsi : la France de 1778 rêvait que les États-Unis deviennent leur partenaire commercial à long terme.
Or, les Américains ont pris l’argent et l’aide militaire français et se sont empressés de renouer avec la Grande-Bretagne. Le ministre français des Affaires étrangères, Vergennes, aurait tout fait pour que le Canada reste britannique, en pensant que ça servirait à maintenir les jeunes États-Unis dans le giron français. « C’est le calcul le plus nul de l’histoire de la diplomatie et de la géopolitique. »
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1 week ago
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