Il reste encore 35 jours de campagne électorale, c’est-à-dire une éternité.
Cela nous laisse le temps de rigoler encore un peu avant d’entrer dans du lourd.
Pour quelqu’un qui suit passionnément les élections québécoises depuis 1976, l’aspect le plus intrigant et le plus cocasse de cette campagne, c’est le nombre hallucinant de candidats dont les agissements passés ou présents compliquent la vie (pour le dire gentiment) de leur parti.
Je ne peux que secouer la tête et en rire.
Ayoye
Le PLQ remporte aisément cette médaille d’or du burlesque.
Il nous offre un candidat qui se définit comme un « libéral péquiste », un autre qui estimait que la souveraineté était une carte à conserver (bravo, Farnell !) et deux autres qui retirent leurs candidatures après s’être rendu compte que tout ça est très exigeant physiquement (non, sérieux ?).
Nous avons une candidate libérale qui se retire pour les classiques « raisons familiales » (découvertes au dernier moment ?), et un autre parce que ses concitoyens venaient de le réélire à la mairie et trouvaient un peu fort de café qu’il veuille si vite « relever un nouveau défi ».
Nous avons aussi un désistement en raison d’« allégations sérieuses » non dévoilées, un autre pour « comportement inacceptable » non explicité, et un autre parce que le candidat avait traité les péquistes, entre autres jolies épithètes, de « petits nazis sans envergure ».
Ma liste sera peut-être dépassée au moment où vous lirez ces lignes.
Au Parti conservateur du Québec, nous avons des candidats favorables à ce que le Canada devienne le 51e État américain, et d’autres qui pensent que les vaccins sont inutiles, voire nocifs.
« Ça nous est arrivé à tous de retweeter une image », dit Éric Duhaime pour relativiser.
Non, Éric, je ne retweete pas des niaiseries.
Le PQ, lui, a vécu la pantalonnade Vincent Marissal et peut tenir pour acquis que ses adversaires fouillent présentement dans les archives radiophoniques de son candidat dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré.
Pour le moment, la CAQ et QS vivent moins ces ennuis.
Chez QS, il y a davantage de conformisme idéologique, comme dans tous les partis d’extrême gauche, donc moins de fausses notes.
Les musiciens connaissent la partition.
À la CAQ, les très nombreux candidats issus des cabinets politiques ont appris au quotidien le respect de la ligne officielle.
Bref, je n’ai jamais vu autant de candidats donner des maux de tête à leur parti.
Pourquoi ?
J’y vois trois explications.
Les gens disent sur les réseaux sociaux des bêtises qui restaient privées auparavant.
Le déclin du militantisme fait que les partis recrutent plus de gens venus de l’extérieur du parti et qu’ils connaissent moins.
Les partis croient s’aider en recrutant des « veudettes », comme dit Benoit Dutrizac, puis découvrent leur vraie nature.
C’est d’autant plus niaiseux qu’à quelques rares exceptions près, on vote essentiellement pour le chef.
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6 days ago
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