L’ex-super ministre caquiste Pierre Fitzgibbon s’invite dans la campagne électorale, une bénédiction aux yeux des adversaires de Christine Fréchette, qui tentent de marquer des points en ramenant le fantôme Northvolt.
Piqué au vif par le candidat économique péquiste Stéphane Paquet, qui affirme l’avoir déjà averti des risques de se lancer dans l’aventure, Pierre Fitzgibbon est sorti de sa réserve dimanche pour défendre sa gouverne de la filière batterie.
Stéphane Paquet était jusqu’à tout récemment le PDG de Montréal International. En entrevue vendredi au Bilan à LCN, il a raconté avoir informé le ministre de l’Économie et de l’Énergie de l’époque que le projet était « beaucoup trop risqué », le soir du dévoilement du budget 2023.
« On avait des doutes chez Montréal International », qui avait identifié « un autre joueur » n’étant pas une « startup », comme Northvolt.
À l’invitation de Pierre Fitzgibbon, Stéphane Paquet dit même avoir eu une conversation dès le lendemain avec son chef de cabinet pour lui exposer son point de vue.
Un an et demi plus tard, en septembre 2024, le boss de Montréal International dit avoir rencontré sa successeure, l’actuelle première ministre Christine Fréchette, pour tirer la sonnette d’alarme à nouveau.
« Ça a pris du temps avant qu’elle écoute, a-t-il insisté. Ils ont fait faillite et on a perdu beaucoup, des centaines de millions là-dedans ».
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Une conversation « invraisemblable »
Pierre Fitzgibbon n’a pas digéré l’attaque. Dans une déclaration transmise au Journal et TVA, celui qui agit désormais comme conseiller spécial dans le cabinet Osler, Hoskin & Harcourt a soutenu que la conversation lui apparaissait « invraisemblable ».
« L’équipe responsable de [la] zone [innovation] était composée [d’Investissement Québec, d’Investissement Québec International et du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie] et de moi-même, soit une quinzaine de personnes. Le Fédéral était aussi impliqué. M. Paquet et Montréal International n’y figuraient pas », a-t-il tenu à préciser.
« Je peux confirmer que toutes les opportunités ont été analysées et évaluées par cette équipe, car tous les projets sont passés par ce filtre », a enchaîné l’homme d’affaires, qui accuse le candidat péquiste de verser dans l’opportunisme et l’électoralisme.
PSPP lui offre son micro
Une sortie qui a enchanté le chef du Parti Québécois, qui cherche à ramener l’ombre de Northvolt sur la campagne de sa principale rivale, Christine Fréchette.
« J’invite M. Pierre Fitzgibbon à prendre toute la place possible dans cette campagne. S’il veut mon micro ce matin, je lui donne. Et les gens vont devoir se faire une tête sur qui dit vrai », s’est réjoui Paul St-Pierre Plamondon, dimanche.
Le leader souverainiste n’a pas manqué de rappeler que l’ex-super ministre a fait l’objet de six enquêtes de la Commissaire à l’éthique.
« Il trempe dans toutes sortes d’histoires difficiles à expliquer, notamment, il est lobbyiste d’un paquet de compagnies à qui il a versé plusieurs millions $ ».
Selon PSPP, la réponse de Fitzgibbon est d’ailleurs floue à souhait et il ne dit pas clairement que son candidat Paquet ment.
Le chef libéral Charles Milliard, lui, estime s’être fait berner par le gouvernement caquiste dans le dossier Northvolt, lorsqu’il était président de la Fédération des chambres de commerce du Québec. À l’époque, il avait signé une lettre d’appui.
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2 weeks ago
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