Le Canada découvre-t-il le «bully» américain 200 ans après le Mexique?

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La guerre commerciale menée par Donald Trump semble être traitée bien différemment par le Mexique que par le Canada.

Pendant que Donald Trump multiplie les attaques à l’endroit de son voisin du nord, il épargne beaucoup plus celui du sud, du moins dans ses commentaires.

La principale différence entre Ottawa et Mexico réside toutefois dans la relation historique avec Washington, estime Luis Felipe Cisneros Martinez, professeur titulaire au Département d’entrepreneuriat et d’innovation à HEC Montréal.

Même avant Trump, la relation fraternelle que semblait avoir le Canada avec les États-Unis n’existait pas entre le Mexique et son voisin du nord, du moins pas depuis la guerre américano-mexicaine qui s’est déroulée de 1846 à 1848.

« On n’a jamais eu une alliance comme les Canadiens qui sont embarqués dans beaucoup de projets, dans beaucoup de guerres, qui se sont soutenus. En Amérique latine, depuis plus de 200 ans, on les considère comme les bullies, donc on n’a pas la même relation », a déclaré le professeur mexico-canadien qui connaît bien les écosystèmes entrepreneuriaux des trois principaux pays nord-américains.

« Chaque président américain, démocrate ou républicain, menace le Mexique. C’est le punching bag des campagnes [américaines].

AFP 

Plusieurs phases de deuil

Selon ce dernier, le Canada est en plein deuil de sa relation avec les États-Unis.

Au début, il y a eu le déni, lorsque les commentaires de Trump sur le « 51e État » et le « gouverneur Trudeau » étaient considérés comme de simples blagues.

« Il a commencé à faire des jokes aussi avec Claudia Sheinbaum, mais elle a tout de suite envoyé des notes diplomatiques pour dire : “ Ça ne va pas se passer comme ça ” », mentionne Luis Felipe Cisneros Martinez.

« Quand Mme Sheinbaum a commencé à faire ça, il a changé son discours pour dire : “C’est une grande leader ” », ajoute-t-il.

Après le déni canadien, il y a eu la colère, notamment celle de Doug Ford, puis l’inévitable négociation.

« Et avec l’arrivée de M.Carney, c’est l’acceptation. On n’a plus des relations amicales, donc on va passer à la confrontation », résume le professeur à HEC Montréal.

« Le Canada, ça lui a pris longtemps pour comprendre que le gouvernement américain c’est un bully et que Trump c’est le chef des bullies. [...] Avant, le Canada c’était un peu comme l’ami du bully, il ne participait pas au bullying, mais il était là. Chaque fois il claquait les autres, mais à un moment donné le bully s’est retourné et, à son ami de toute la vie, il a fait “paf ! ”, donc [le Canada] ne sait pas quoi faire », ajoute-t-il.

Imiter le Mexique ?

Pour Luis Felipe Cisneros Martinez, le Canada doit compléter son deuil, tout en adoptant un ton ferme face aux États-Unis.

Il doit toutefois imiter le Mexique et faire une distinction nette entre les négociations commerciales et les sagas futiles telles que celle sur le lac Ontario.

« La stratégie du Mexique, c’est de rester à la table, ne pas le prendre personnel, ne pas l’attaquer, ne pas aller dans la presse, mais négocier, négocier, négocier », conclut le professeur mexico-canadien.

Finalement, le Canada et le Mexique doivent profiter de cette situation pour renforcer leurs liens et leur partenariat économique, croit M. Cisneros Martinez.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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