À Montréal, au Québec, mais aussi ailleurs dans le monde, des signes préoccupants sont observés concernant nos systèmes d’éducation : sous-financement chronique, pénurie de personnel, surcharge de travail, remise en question de l’expertise enseignante, tentatives de marchandisation. Comment avons-nous pu collectivement accepter que l’éducation, pilier de la démocratie, devienne une variable budgétaire parmi d’autres ?
Il est ébranlant de voir s’effriter tranquillement l’espoir immense qu’avait suscité le rapport Parent – cet élan collectif qui avait ouvert les portes de l’éducation à des milliers de jeunes, pendant des décennies. Aujourd’hui, force est de constater que nous assistons à une forme de recul. Nous le voyons tous : les familles naviguent désormais dans un système à plusieurs vitesses, où l’égalité des chances n’est plus une promesse tenue, mais un principe menacé.
L’école est brisée. Depuis trop longtemps, les gouvernements bricolent, ajoutent des mesures à la pièce, colmatent les brèches, multiplient les règlements, mais ne s’attaquent jamais aux causes profondes. Ce n’est pas ainsi que l’on redonne confiance aux familles. Ce n’est pas ainsi que l’on remet l’école publique sur la voie qu’elle mérite.
Mais permettons-nous de rêver. Rêver d’un système d’éducation qui garantit réellement l’égalité des chances. Un système qui accueille tous les enfants, peu importe leur origine, leur réalité, leur milieu. Un système qui n’est pas élitiste, mais profondément démocratique. Oui, rêvons. Mais ne soyons pas naïfs. Un rêve ne devient réalité que si l’on se donne les moyens de le porter. Et pour ça, il faut résister. Il faut revendiquer. Il faut se lever. Il faut mettre de la pression.
En ce sens, nous devons agir ensemble pour réparer l’école publique ! Car changer les choses, ça prend du pouvoir. Et le pouvoir, ça vient du nombre. Ça vient de notre capacité à nous unir, à nous mobiliser, à créer de la solidarité et à convaincre tout un chacun de la nécessité de notre lutte.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
L’histoire nous l’a montré : quand une société comprend qu’un changement est nécessaire pour le bien commun, elle est capable d’agir. Aujourd’hui, cette notion de « bien commun », le gouvernement l’utilise... et l’utilise encore... et l’utilise ad nauseam. Pour justifier ses décisions. Pour faire adopter des lois. Pour imposer des choix qui, trop souvent, ne servent pas réellement la population.
Le « bien commun » ne devrait pas être un slogan. Il exige de s’attaquer aux inégalités à la racine dans la communauté. Ce ne devrait pas être un outil politique que l’on brandit au gré des circonstances. Le bien commun, le vrai, exige du courage. Il exige de faire des choix structurants. Et s’il y a un domaine où cette notion doit cesser d’être un prétexte pour devenir une véritable priorité... c’est bien l’éducation.
Garantir un accès égalitaire à l’éducation, ce n’est pas une option. C’est un devoir collectif. C’est un choix de société. Faisons le choix de financer l’éducation à la hauteur des missions de l’école, d’avoir une composition de la classe juste et équitable pour tout le monde, puis de soutenir et valoriser les profs qui enseignent à nos élèves.
Réparons l’école publique, redonnons-lui toute sa place, toute sa force, toute sa dignité. Formons des citoyen·ne·s éclairé·e·s. Protégeons notre démocratie. Construisons une société plus juste, plus riche, plus solidaire. Alors, ensemble, mobilisons-nous. Faisons grandir ce mouvement.
Catherine Beauvais-St-Pierre
Présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal
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1 week ago
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