Pour une majorité de Québécois, Jacques Doucet aura été la voix des Expos. À Québec, pendant six saisons, c’est aussi la voix des Capitales qu’il a été, apportant une dose de crédibilité additionnelle à l’organisation.
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De l’été 2006 à l’été 2011, Doucet, après avoir fait son deuil des Expos, est revenu à la radio pour décrire les péripéties de l’équipe de Québec.
Michel Laplante, qui en était à cette époque à sa deuxième saison comme gérant des Capitales et à ses premiers pas comme directeur général, lui a tendu une perche sans trop d’espoir.
En quelque sorte, c’était sous-estimer l’amour du baseball qui habitait toujours autant le géant radiophonique du baseball québécois.
« Bob Bissonnette commençait à travailler pour les Capitales et il m’avait lancé l’idée comme ça. Je lui avais dit : « Es-tu malade, je n’appellerai pas Jacques Doucet, c’est un gars de baseball majeur, il ne viendra jamais ici. »
« Je l’ai quand même appelé et sur le coup, Jacques allait me dire non. Il était avec son ami en auto et son chum lui a dit : « Voyons, Jacques, c’est ce que tu veux faire, décrire du baseball ! » a raconté Laplante, encore amusé par l’anecdote.
À la pêche
C’est ainsi que Jacques Doucet, à 66 ans, a replongé tête première dans la marmite. Évidemment, une organisation comme les Capitales, dans le baseball indépendant, ne roule pas sur l’or, encore moins il y a 20 ans.
Sans pouvoir verser un salaire équivalent à l’expérience de Doucet, Michel Laplante a conclu le pacte en cédant volontiers à une exigence spéciale du vétéran commentateur.
« Sa seule demande, c’était que quand il débarquait à Québec, il voulait que je lui trouve des endroits pour pêcher. On se retrouvait ensemble à pêcher et même si je sais qu’il a été un Expos pour la vie, j’aurai vécu ces moments-là avec lui quand il portait une casquette des Capitales à la pêche. Juste d’y repenser, c’est agréable », a souri Laplante.
Respecté de tous
Rapidement, Doucet s’est investi dans l’aventure des Capitales, au point même de décrire quelques matchs sur la route. Il s’est attaché aux joueurs, principalement les Québécois, nombreux dans l’alignement à cette époque.
« Les joueurs le respectaient tellement. Pour eux, c’était wow ! Les gars se retrouvaient au stade ou dans l’autobus à entendre la voix qui a bercé leur enfance », s’est extasié Laplante.
Ce dernier, au moment de s’entretenir avec Le Journal, se trouvait sur la route, à regret. C’est qu’à l’origine, Doucet et lui s’étaient fixé un dernier rendez-vous, qui n’aura finalement jamais eu lieu.
« Je savais qu’il était en fin de vie. J’aurais vraiment apprécié de lui dire un dernier au revoir, mais les souvenirs que je conserve de lui sont incroyables », a conclu Laplante.
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