Tout un pan de l’histoire des Expos de Montréal et du baseball au Québec s’est éteint, vendredi. Jacques Doucet, la mythique voix de « nos Z’amours » durant 33 ans, est décédé.
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Connu à travers le Québec, son timbre de voix à la radio a bercé des milliers d’amateurs de baseball. De 1972 à 2004, il a décrit les matchs de Nos Amours. Après leur départ, M. Doucet a pris le micro des Capitales de 2006 à 2011, à Québec.
Le journaliste a commencé sa carrière au Nouveau Journal au début des années 60 avant d’ensuite recevoir le mandat de couvrir les Expos dès leur arrivée à Montréal en 1969.
À travers ses quelque 5500 matchs derrière le micro des Expos, Doucet a décrit les matchs parfaits de Dennis Martinez, en 1991. Huit ans plus tard, il a vu le même exploit réalisé par le lanceur des Yankees de New York, David Cone, face au club montréalais alors en visite au Yankee Stadium.
« C’est une très triste journée, car Jacques était aimé par tout le monde », a réagi l’ancien membre des Expos ensuite devenu collègue à la radio, Pierre Arsenault, lorsque Le Journal lui a appris la nouvelle.
« Je savais qu’il n’allait pas bien depuis un bout de temps, mais c’est un choc ce matin, a-t-il ajouté au bout du fil. J’ai eu le privilège de le connaître et le plaisir de travailler avec lui. C’était un homme tellement professionnel et minutieux dans tout ce qu’il faisait.
On perd un grand, grand, grand personnage du sport québécois. »
Honneur à recevoir
Dans son illustre carrière, il fut intronisé au Temple de la renommée du baseball québécois en 2002 et il est entré au Panthéon des Sports du Québec parmi la cohorte de 2007. Le Temple de la renommée du baseball canadien lui a aussi ouvert ses portes en 2020.
Mais celles du baseball américain à Cooperstown sont toujours restées fermées. Malgré une dizaine de nominations, il n’a jamais reçu le prix Ford C. Frick, réservé à un membre de la diffusion pour sa contribution au baseball.
« Ç’aurait été l’fun qu’il y soit intronisé de son vivant, a plaidé Arsenault. C’est décevant qu’il n’ait pu vivre cet honneur, car il mérite sa place aux côtés des [Vin] Scully et [Dave] Van Horne. C’est un honneur qui devrait être savouré avec les membres de sa famille, ses amis et son entourage. Je sais que ce n’est pas facile, entrer à ce Temple de la renommée, mais il le méritait à 100 %. »
« Mon Dieu qu’il a été gentil »
Joint par Le Journal, le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, a tenu à se souvenir de bons moments avec M. Doucet, qu’il a appris à connaître plus personnellement avec les Capitales de Québec et dans une autre de ses passions, à la pêche.
« Cet homme, mon Dieu qu’il a été gentil, encourageant et supportant pour moi. Il était tellement organisé et structuré. Avec son bagage d’expériences incroyables, il était merveilleux à voir travailler quand il était avec les Capitales. Malgré toutes ses années d’expérience avec les Expos, il faisait toujours ses cartons individuels des joueurs avant d’aller à la pratique au bâton. Il voulait toujours être prêt et ouvert. Il m’a appris l’importance de la rigueur et de la préparation », a raconté Lamarche, DG de l’organisme depuis 2014.
« Il fut influent et inspirant dans mon parcours, ce qui m’a donné des ailes, a raconté celui qui écoutait avec grand intérêt les histoires passionnantes du célèbre descripteur quand ils taquinaient le poisson sur les eaux du lac Saint-Pierre. J’ai pu le connaître différemment. »
Une voix réconfortante
Après ses matchs de baseball quand il était plus jeune, Lamarche se souvient évidemment de ses moments à écouter M. Doucet à la radio. « Rodger [Brulotte] avait ce côté excitant à l’analyse. Jacques, c’était cette voix réconfortante. Après un match, il m’amenait ce calme. »
« Jacques et Rodger avaient une complicité unique pour que le train reste sur les rails. Une chance qu’ils s’avaient l’un et l’autre », a souligné Arsenault sur les deux types de communicateurs qui ont marqué les esprits.
Rappelons qu’il y a cinq mois, son fidèle complice Rodger Brulotte est décédé après une lutte de plusieurs mois contre la maladie.
- Avec la collaboration de Jean-Nicolas Blanchet
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