Exaspérés par l’instabilité du Réseau express métropolitain (REM), des usagers et des élus réclament le retour des lignes d’autobus directes vers Montréal. Une nouvelle pétition demande le retrait de la clause de non-concurrence sur le pont Samuel-de-Champlain qui empêche actuellement le rétablissement de ces circuits.
« Des milliers de citoyens ont perdu des services d’autobus directs sur lesquels ils comptaient depuis des années, cela suffit », estime Ginette-Geneviève Lapierre, gestionnaire à la retraite et instigatrice de la pétition lancée lundi.
« Je ne pouvais pas rester silencieuse devant cette injustice », dit-elle en entrevue à 24 heures.
• À lire aussi : À l’arrêt pendant quatre heures : deux interruptions de service consécutives du REM
• À lire aussi : À quand un projet structurant de transport collectif dans l’est de Montréal ?
Selon la pétition, plus de 35 parcours d’autobus desservant directement le centre-ville ont été supprimés, détournés ou transformés en services de rabattement vers les stations du REM, touchant des usagers de plus de 20 municipalités.
Vendredi midi, la pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale dépassait les 600 signatures. Elle sera en ligne jusqu’à 17 novembre.
« Il faut ajouter des options »
La députée de Verdun, Alejandra Zaga Mendez, a apporté son soutien aux usagers.
« C’est très important quand on fait du transport en commun structurant de ne pas remplacer d’autres routes, explique-t-elle. Il faut ajouter des options sinon les citoyens se découragent et prennent leur voiture, et ça, c’est contre-productif. »
Jeudi, la mairesse de Brossard, Doreen Assaad, appuyait la cause sur sa page Facebook. « La solution est simple : le REM et l’autobus. Pas l’un ou l’autre. »
Protéger l’achalandage
Signée en 2018 par le gouvernement de Philippe Couillard, la clause de non-concurrence avait notamment été prévue pour protéger l’achalandage du REM et éviter que des autobus offrent des services concurrents sur les mêmes corridors.
Elle limite notamment les liaisons directes entre la Rive-Sud et le centre-ville via le pont Samuel-De Champlain.
Avant le REM, les autobus effectuaient plus de 1000 passages quotidiens sur ce pont.
Pas une première
« À chaque crise du REM, sa pétition », rappelle Florence Junca Adenot, professeure en études urbaines à l’UQAM.
Selon elle, le retour des autobus directs serait toutefois difficile à mettre en place puisque le REM a justement été conçu pour remplacer une partie de ces services.
« Il faut améliorer les services et l’information du REM, et augmenter les services de rabattement sur le REM, mais ça prend de l’argent », préconise-t-elle.
La professeure en transport et en planification de Polytechnique Montréal, Geneviève Boisjoly, estime que les autobus et le REM devraient être considérés comme complémentaires plutôt que des services concurrents.
« Il n’y a pas de raison d’enlever des services à la population si ce n’est pas pour le bénéfice de l’ensemble du système, croit-elle. Plusieurs services pourraient répondre à différents besoins selon l’heure ou la saison. »
Reprendre sa voiture
Sur les réseaux sociaux, des internautes disent reprendre leur voiture, découragés par les interruptions du REM.
Kathy Turcotte, elle, ne baisse pas les bras. La résidente de Saint-Jean-sur-Richelieu a signé la pétition mise en ligne cette semaine.
Face à la panne de mercredi matin, la Québécoise n’a pas pu se rendre au travail. Elle déplore le manque d’informations sur place et l’absence d’alternatives clairement indiquées.
« Personne nous a dirigés, relate-t-elle. Ça fait trois ans que le service est en place et il n’y a aucune amélioration dans les communications. Il y a un manque de respect alors que c’est de l’argent public. »
Par courriel, l’ARTM assure que « l’ensemble des partenaires du milieu demeure mobilisé et travaille activement à l’amélioration durable de la situation ».
Le cabinet du ministre des Transports et de la Mobilité durable ne prend pas position sur un éventuel retrait de la clause, mais estime vendredi que les pannes récurrentes du REM sont inacceptables et demande à l’opérateur Pulsar de mieux communiquer.
.png)
4 days ago
3
















Bengali (BD) ·
English (US) ·