Un entrepreneur de Québec lance un cri du cœur pour que l’on maintienne nos entreprises chez nous plutôt que de les voir passer sous contrôle étranger.
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« Il faut que l’on garde ça au Québec », lance avec aplomb Alexandre Bouchard, directeur général chez Les Emballages L. Boucher et fondateur du fabricant de carton personnalisable HelloBox, dans le quartier Sainte-Foy, à Québec.
« Avec mes compétiteurs québécois, on se bat sur le terrain, mais il y a un respect mutuel, observe-t-il. Mais quand ton compétiteur c’est un géant américain et que tu veux t’asseoir pour trouver une solution, la réalité c’est que ce n’est pas du tout pareil. Il s’en fout ».
Alexandre Bouchard parle d’expérience. Il a fondé HelloBox et a repris Les Emballages L. Boucher. Il gère chaque jour 120 personnes dans ses deux entreprises florissantes.
« J’ai des employés qui sont chez nous depuis deux générations. On en a qui sont là depuis 30 ou 40 ans », partage-t-il. C’est ce tissu économique qu’il faut préserver, selon lui.
« Un cocktail explosif »
Une étude de Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) obtenue par Le Journal parle d’une « crise entrepreneuriale silencieuse ».
En 30 ans, le nombre d’entrepreneurs a chuté de 195 000 à 100 000 malgré 1 million de travailleurs de plus. Or, il en faudrait 30 000 de plus d’ici 10 ans pour inverser la tendance.
Sans parler des 16 000 entreprises qui vont devoir changer de mains d’ici un an et des 5000 qui risquent de fermer, selon les données de l’Observatoire de la reprise et du transfert d’entreprise au Québec (ORTEQ).
« C’est un cocktail explosif », prévient Pierre Graff, PDG du RJCCQ.
« Il y a un risque immense de fermetures ou de rachats par des intérêts étrangers », résume-t-il.
Pierre Graff craint même que ce manque d’entrepreneurs vienne nous empêcher un jour de pouvoir financer nos services publics si rien ne bouge.
« Beaucoup de petits propriétaires se versent moins que certains de leurs employés. Va falloir arrêter de les comparer avec des dirigeants de multinationales », déplore M Graff.
Malgré ce contexte préoccupant, certains, comme l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, estiment que la relève saura reprendre le flambeau. Reste à voir si les conditions seront réunies pour y arriver.
« C’est la jeune génération qui veut partir à bord du train, et prendre les commandes et aller plus loin qu’avant. C’est formidable », avait lancé l’homme de 87 ans au Journal en mars dernier, avec un élan d’optimisme.
En entrevue accordée récemment au Journal, en marge de la neuvième édition du Sommet du repreneuriat à Montréal, l’ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard a affirmé que la nouvelle génération était prête à prendre le relais. « C’est formidable ! » s’est-il exclamé avec enthousiasme. Photo FRANCIS HALIN
3 pistes de solutions
- Congé de remboursement en capital et prêt à meilleur taux
- Révision du régime fiscal des transferts d’entreprise
- Campagne nationale de sensibilisation
(Source : Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec)
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1 week ago
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