Il faudrait tripler le nombre d’employés dans les CLSC pour réussir à mieux soigner les Québécois en première ligne, estiment des experts dans une étude rendue publique aujourd’hui.
Transformer les centres locaux de services communautaires (CLSC) en « véritable portes d’entrée du réseau », comme l’a annoncé en septembre le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, ne se fera pas sans tripler le nombre d’infirmières, de physiothérapeutes, de psychologues et autres membres du personnel.
« Actuellement, un grand nombre de personnes âgées aux prises avec des problèmes de santé sont hospitalisées parce qu’on ne les a pas prises en charge à temps. Et ça coûte excessivement cher à ce stade », commente Anne Plourde, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) et autrice principale d’un rapport, dont Le Journal a obtenu copie en exclusivité.
Selon ses calculs, la première ligne devrait répondre à 80 % des besoins de la population. Malheureusement, les investissements en prévention et en première ligne représentent moins de 24 % des dépenses, souligne l’IRIS.
Plus d’argent en prévention
Dans son programme, le Parti Québécois (PQ) veut injecter 550 millions de dollars sur quatre ans dans le secteur de la prévention. Même en ajoutant à cette somme les enveloppes destinées aux services à domicile, on est encore loin du compte, selon Mme Plourde, qui a fait son doctorat sur les CLSC.
Il ne suffit pas de dire que ces centres doivent traiter plus de patients s’ils n’ont pas le personnel suffisant pour les accueillir, ajoute-t-elle.
« Il faut aussi penser à agrandir ou construire des bâtiments en conséquence », commente l’autrice.
Au net, l’investissement massif qui permettrait d’atteindre ce niveau de performance est de l’ordre de 1,5 milliard $ par année.
« Ça peut paraître une grosse somme mais ça ne représente que 2,5 % du budget du ministère », précise-t-elle.
On le sait, les hôpitaux reçoivent beaucoup trop de patients qui pourraient être traités en clinique. Bronchites, otites et sinusites engorgent le système, tout comme les patients aux prises avec des enjeux de santé mentale.
Pour Mme Plourde, une meilleure prise en charge en « première ligne » évitera que les maladies s’aggravent.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Plus prévenant, moins malade
Dans son étude, l’IRIS souligne que des programmes de réduction du tabagisme, de dépistage précoce des cancers et de prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang ont un coût, mais celui-ci est largement compensé par la diminution des maladies.
Ainsi, de meilleurs soins de première ligne correspondent à une diminution des coûts à long terme. De plus, ces services ne nécessitent pas d’équipement ou de personnel spécialisés et peuvent être offerts dans des infrastructures légères, voire directement à la maison.
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3 days ago
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