Chaque fois qu’un tracteur prend le champ, il brûle des centaines de dollars de plus en carburant, une facture qui se répercute jusqu’au prix des aliments en épicerie.
« Au printemps, ça me coûtait 2100 $ le remplir », explique Martin Lavallée, président de Ferme Belvallée à Saint-Marc-sur-Richelieu, en pointant son tracteur. « Aujourd’hui, ça me coûte 2674 $ par jour pour faire le plein ».
Vendredi, ce producteur de La Vallée-du-Richelieu a accepté d’ouvrir les portes de sa ferme au Journal, non pas pour attirer l’attention sur sa situation, mais pour montrer concrètement comment la flambée du prix du diesel se fait sentir sur tous les plans.
« Tout le monde est affecté dans la chaîne », résume le cultivateur de troisième génération.
Plus de 4000 litres par jour
Car il n’y a pas que les automobilistes et les camionneurs qui doivent sortir leur portefeuille : les agriculteurs qui doivent faire boire leurs tracteurs chaque jour y goûtent.
Ce matin même, sept de ses véhicules agricoles ont pris la route pour la récolte de fourrage pour les vaches. Ces machines vont absorber 4000 litres de carburant en une journée.
Pour l’ensemble de sa machinerie, l’agriculteur estime que ces hausses lui auront coûté 90 000 $ de plus cette saison.
Sans compter le transport des récoltes. Chaque année, près de 300 camions transportent son maïs, son soya et son blé. Avec un diesel plus cher, les coûts de transport s’envolent eux aussi.
À quatre heures de route de là, Simon Gagnon, qui a une ferme dans Charlevoix, dit subir de plein fouet l’impact du prix du diesel.
« Ça affecte directement les liquidités des entreprises », partage-t-il.
« Ça touche surtout les grandes cultures, mais les maraîchers vont aussi en subir les effets dans le transport », observe Christopher Jacques, porte-parole de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ).
« C’est vraiment épeurant »
À l’Union des producteurs agricoles (UPA), le directeur général et agroéconomiste Charles-Félix Ross constate lui aussi un impact majeur sur l’ensemble de la chaîne.
« Depuis février, le prix du diesel à la ferme a bondi de 35 %. Si ça se maintient sur douze moins, on parle de près de 200 millions de dollars de plus pour les entreprises agricoles du Québec », analyse-t-il.
« C’est vraiment épeurant. C’est dû au conflit dans le détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine. Ça alimente l’inflation », conclut-il.
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3 days ago
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