Guerre commerciale : le Canada est-il en train de «gaspiller une bonne crise»?

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Le Canada n’avait pas le choix de répliquer aux tarifs américains, mais devrait peut-être réfléchir davantage à la meilleure manière de riposter, estime un analyste politique.

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« Est-ce qu’on se saisit, par exemple, de l’opportunité de la crise pour mettre en place des mesures sur lesquelles on avait reculé ? Pensez, par exemple, à la tentative de réguler les géants du numérique. Au lieu de répliquer tarif contre tarif, comme ce qu’on fait en ce moment, pourquoi est-ce qu’on ne saisirait pas l’opportunité de mieux contrôler les Netflix, Facebook, Google de ce monde ? » a questionné Georges Mercier, doctorant à Sciences Po Paris, en entrevue à LCN.

Depuis l’été 2023, les médias canadiens sont exclus de Facebook en raison de l’adoption de la Loi sur les nouvelles en ligne qui oblige les géants du numérique à rémunérer les médias pour le contenu partagé sur leurs plateformes.

« Là, il y a une fenêtre d’opportunité ici, est-ce qu’on saisit ça ? » s’interroge l’analyste politique.

La guerre commerciale avec les États-Unis pourrait donner l’occasion à Ottawa de repenser entièrement la façon de gérer l’économie canadienne, suggère Georges Mercier.

« Là, la réponse des libéraux, c’est à peu près la même : on va s’endetter, ça va coûter très cher de soutenir des entreprises pour garder le même modèle. Est-ce qu’au contraire, on pourrait s’intéresser à comment on rend l’économie canadienne plus compétitive ? » propose le doctorant en science politique.

Georges Mercier, doctorant en science politique à Science Po Paris, 26 août 2026

Capture d'écran LCN 

Georges Mercier, doctorant en science politique à Science Po Paris, 26 août 2026

Des industries à protéger et d’autres à oublier ?

En outre, la crise actuelle pourrait inciter le gouvernement à engager une réflexion sur les types d’industries qu’il faut conserver, et les secteurs qui peuvent être mis de côté, propose M. Mercier.

« Il y a un impératif en Ontario notamment, de conserver l’industrie automobile. Est-ce que c’est la plus performante ? Est-ce que c’est celle qui peut amener les rendements les plus importants pour le Canada ? Est-ce qu’on peut tout sauver, en quelque sorte, dans un contexte où les Américains veulent ramener des industries chez eux ? » demande-t-il.

Ce dernier soutient que le Canada n’aura pas le choix de faire des concessions, mais profitant d’un gouvernement majoritaire et d’un appui populaire encore assez grand, Mark Carney pourrait faire des choix difficiles, mais positifs à long terme.

« Il a une opportunité. Il y a une super phrase en anglais : “Never let a good crisis go to waste”, ne jamais gaspiller une bonne crise. Là où il y a une crise, il y a une opportunité. Est-ce qu’on fait ce qu’on faisait depuis les dernières années ou au contraire on change de cap ? » lance l’analyse politique.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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