La position du Canada dans la guerre commerciale n’est pas chose simple. Ottawa doit manœuvrer avec beaucoup d’agilité face à une administration Trump particulièrement agressive.
• À lire aussi : Trump attaque la souveraineté du Canada de façon « odieuse et ridicule », affirme un analyste politique
• À lire aussi : Christine Féchette veut des contre-tarifs « stratégiques » face à Trump
• À lire aussi : Guerre commerciale : le bras de fer avec Trump pourrait renforcer Carney
Samedi, le gouvernement Carney a expliqué son refus de se plier aux plus récentes demandes des représentants américains, tout en annonçant des contre-tarifs sur certains produits des États-Unis.
Cette réplique canadienne entrera en vigueur le 8 septembre. Cette nouvelle date butoir semble indiquer la volonté d’Ottawa de se rapprocher des élections de mi-mandat.
« Le Canada joue déjà un peu l’horloge [...] On se laisse une marge de manœuvre ici du côté d’Ottawa. Si on avait voulu être plus musclé, on les aurait fait entrer en vigueur beaucoup plus tôt ces tarifs-là », a souligné Georges Mercier, doctorant à Sciences Po Paris, en entrevue à LCN.
Ce dernier n’est pas convaincu que miser sur les élections de mi-mandat constitue la meilleure stratégie pour le Canada.
« Le protectionnisme aux États-Unis, l’idée de ramener des industries aux États-Unis, ça risque de survivre à Donald Trump, c’était déjà présent sous Joe Biden », soutient l’analyste politique.
Le président américain réclame déjà, via ses droits de douane, des pouvoirs qui techniquement appartiennent au Congrès.
« Est-ce qu’un congrès démocrate pourrait mieux le contraindre ? Peut-être, mais ça ne viendrait pas enlever toutes ses propres tentatives à Donald Trump d’invoquer les pouvoirs que dans les faits il n’a pas vraiment », affirme Georges Mercier.
Réplique plus musclée ?
Samedi, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué qu’aucune nouvelle ronde de négociations n’était prévue pour le moment.
Selon M. Mercier, le besoin de revenir à la table de discussions est plus pressant pour le Canada que pour les États-Unis.
« On est dans une relation asymétrique [...] avec les Américains. Les droits de douane de 50 % qu’ils nous imposent, ce sont sur des produits dont ils n’ont pas peut-être nécessairement besoin. Les produits dont ont vraiment besoin les Américains, c’est le pétrole de l’Alberta, la potasse de la Saskatchewan et vous noterez que ces produits-là, ils ne sont à peu près jamais touchés par des droits de douane », clame-t-il.
Une stratégie plus musclée de la part d’Ottawa serait compliquée, estime le doctorant en science politique, car elle impliquerait de convaincre les provinces à restreindre l’accès des Américains aux produits stratégiques dont ils ont réellement besoin.
« Tant et aussi longtemps qu’on n’a pas une réplique plus musclée, simplement dollar pour dollar [...] ce n’est pas clair que ça va bouger du côté de Washington. Nous avons intérêt à régler la situation. Est-ce qu’on pourrait finalement envisager les concessions qu’on n’envisageait pas dans les derniers jours ? C’est tout à fait probable », conclut l’analyste politique.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
.png)
2 days ago
3















Bengali (BD) ·
English (US) ·