Les questions de sûreté au Louvre ont été « reléguées au second plan » ces dernières années, dénonce mercredi une commission parlementaire sur la sécurisation des musées en France, après le casse spectaculaire dont a été victime en 2025 en plein Paris l’un des plus prestigieux musées du monde.
• À lire aussi : France : démission de la présidente du Louvre après « le casse du siècle »
• À lire aussi : Vol au Louvre : trois mois plus tard, le butin toujours introuvable, 4 hommes sous les verrous
Cette commission s’était constituée début décembre dans le sillage du spectaculaire cambriolage du 19 octobre, au cours duquel huit joyaux de la Couronne d’une valeur estimée à 88 millions d’euros ont été dérobés en plein jour.
Les quatre cambrioleurs présumés ont été interpellés.
Le « casse du siècle », comme l’ont baptisé les médias français, avait mis au jour d’importantes failles de sécurité du musée aux quelque 9 millions de visiteurs annuels, également victime récemment d’une escroquerie à la billetterie estimée à plus de 10 millions d’euros.
Les travaux de cette commission ont notamment occasionné une vingtaine d’auditions et tables rondes, au cours desquelles ont été entendues plus de cent personnes, et à des déplacements en France et à l’étranger, avant la publication du rapport que l’AFP a consulté.
« Retard »
Des « failles en matière de sûreté et de sécurité » étaient « connues », grâce à une série de rapports ayant pointé « l’obsolescence » des dispositifs de sûreté, notamment deux audits, l’un de 2017 et l’autre, réalisé par le joaillier Van Cleef & Arpels, datant de 2019, rappelle le rapporteur de ce document, le député Alexis Corbière, membre du groupe écologiste à l’Assemblée nationale.
Or, ces sujets, dans l’établissement de 244 000 mètres carrés dont 70 000 ouverts au public, ont semblé être « relégués au second plan, derrière des objectifs de rayonnement et d’influence, érigés en priorités », écrit-il.
Ce constat avait déjà été fait par la Cour des comptes : cette juridiction chargée de veiller sur l’usage de l’argent public avait conclu début novembre que le Louvre avait « privilégié des opérations visibles et attractives » au détriment de la sécurité.
Une enquête administrative lancée au lendemain du cambriolage avait également montré un problème majeur de prise en compte des audits de sécurité, notamment une « sous-estimation chronique » des risques.
Les enjeux de sécurité n’étaient « pas la priorité de l’ancienne direction du musée du Louvre, bien que celle-ci s’en défende », martèle M. Corbière, référence à l’ex-présidente Laurence Des Cars, nommée en 2021 et à laquelle a succédé Christophe Leribault fin février.
Il critique aussi « l’absence de contrôle de la tutelle », en l’occurrence le ministère de la Culture, « à l’égard des choix de la direction ».
Cette lacune découle du fait que les dirigeants du musée, comme ceux d’autres établissements, sont nommés par décret de l’Élysée, assure M. Corbière.
« Fait du prince »
D’où sa principale recommandation : revoir la procédure de leur nomination, en faisant en sorte que ceux-ci soient élus de manière transparente par le conseil d’administration de l’établissement, où siégeraient, entre autres, des parlementaires. Cela permettrait de sortir d’une logique de « fait du prince » présidentiel, insiste-t-il.
Parmi les autres préconisations, qui ont pour objectif plus large de remédier aux « dysfonctionnements » dans l’ensemble des musées, figure le fait d’augmenter les moyens du fonds de sûreté, créé à la suite du cambriolage, pour aider à mettre aux normes les dispositifs de sécurité des musées. Celui-ci est pour l’heure doté de 30 millions d’euros.
Davantage de recrutements de titulaires parmi les agents de sûreté, le fait d’« éviter le recours » aux « contractuels », ou encore « améliorer l’attractivité » de ces métiers « par une revalorisation salariale » sont également quelques-unes des autres pistes formulées.
Dans ce contexte, le député s’interroge sur « la pertinence » du plan « Louvre Nouvelle Renaissance » annoncé en 2025 par le président Emmanuel Macron, qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l’aménagement d’un nouvel espace pour La Joconde.
« L’annonce présidentielle d’un musée du Louvre pouvant accueillir 12, voire 15, millions de visiteurs une fois effectués les travaux » ne paraît « pas compréhensible, au vu de l’impact de la surfréquentation sur le bâtiment, mais aussi sur les conditions de travail du personnel », dénonce-t-il encore.
.png)
3 hours ago
3

















Bengali (BD) ·
English (US) ·