Samedi. Notification sur mon téléphone. La scierie de Béarn va fermer ses portes en juillet. Béarn, c’est un petit village de 700 âmes au Témiscamingue. Le moulin emploie 60 travailleurs syndiqués sans compter les postes de cadre et ceux en forêt. Une scierie modeste, mais qui met du pain sur la table pour plein de familles et qui fait rouler beaucoup de commerces locaux.
Évidemment, les tarifs douaniers sont sur toutes les lèvres. Personne ne peut supporter 35-45 % de taxes supplémentaires pour le fun.
Alors, pendant que je rage que notre économie régionale soit sous le joug de Donald Trump, j’entre à l’épicerie. Premier présentoir, des chopines de bleuets des États-Unis à un prix dérisoire. Mes filles me regardent, les yeux suppliants. Du frais, du croquant, du bon pour la santé, une collation parfaite clé en main pour pratiquement rien.
J’ai trouvé ça franchement insultant.
Insultant que la « réprimande » canadienne soit si modeste. Qu’on fasse peser le poids de la revanche sur les dos des familles. Comment ça se fait que ces bleuets-là se retrouvent dans mon épicerie et que ce soit à nous individuellement de boycotter ?
C’est ça, le plan de match ? Nous laisser manger la laine sur le dos par les Américains tant qu’on mange des petits fruits au rabais ?
Abandonnée
Au Canada, comme au Québec, on abandonne la forêt. Alors qu’elle a tout pour être l’avenir. Carney mise sur les mines, le gaz et le nucléaire. La CAQ lui a donné sa bénédiction : les emplois en forêt doivent migrer là-dedans.
Mais la forêt, elle, est renouvelable. Après une coupe, le chantier est laite, mais au moins il repousse. Et le potentiel de la cellulose pour remplacer la pétrochimie est infini.
Quel manque de vision.
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1 week ago
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