La barre était haute pour cet ambitieux projet de théâtre documentaire mêlant chansons, projections, arts du cirque et marionnettes. Imaginé par Jean Pilote, le spectacle Félix, je me souviens parvient à s’approcher de cette barre, sans toutefois la dépasser.
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Malgré le dynamisme des interprètes et la poésie de certains tableaux, qui réussissent à transposer l’essence du géant québécois, la production n’échappe pas aux longueurs, surtout vers la fin du premier acte, qui compte une dizaine de morceaux. Si les premiers numéros sont bien réussis, d’autres auraient pu être écourtés de moitié et recentrés, jeudi soir, lors de la première médiatique présentée au Théâtre St-Denis à Montréal.
Par moments, cette fresque sensorielle, qui retrace la vie et l’œuvre de Félix Leclerc, n’est pas non plus sans rappeler la magistrale pièce de Rebecca Déraspe, Janette. La différence tient entre autres ici dans le fait que la brochette de comédiens incarne à la fois l’entourage du géant (sa mère, son oncle et des amis), son corps physique et le géant lui-même. Il est ainsi plus difficile pour le public de s’ancrer dans l’histoire.
La voix de Félix Leclerc accompagne quant à elle les interprètes tout au long du spectacle, mais l’utilisation de ses bandes sonores, dont certaines sont inédites, n’est pas toujours bien maîtrisée.
En somme, la poésie des tableaux, la richesse des archives et l’énergie déployée sur cette scène motorisée donnent vie à une fresque foisonnante, dense, mais digeste, qui demeure néanmoins inégale.
Biographie vivante
La pièce s’amorce avec l’enfance de Félix Leclerc en Mauricie, où le garçon cultive des mots et des idées dans sa tête d’enfant bien remplie, puis évolue au fil de ses expériences et de ses rencontres.
Animateur de radio touche-à-tout, il débarque à Montréal en 1939, où il rencontre son grand ami Guy Mauffette, réalisateur à Radio-Canada, pour qui il écrit des téléromans et avec qui il finira par fonder, avec sa première femme Andrée Vien, la troupe de théâtre VLM (Vien, Leclerc, Mauffette).
Au même moment, l’électrification des villes permet au poète d’entrer chez les gens avec ses premières œuvres, tandis que l’apparition des premières boîtes à chansons lui offre la possibilité de se faire connaître comme chansonnier.
À la parution de ses premières œuvres littéraires, les critiques sont acerbes, avant que ses livres ne deviennent des best-sellers. Il déménage ensuite dans une commune à Vaudreuil avec sa femme, où il écrit Pieds nus dans l’aube, Moi, mes souliers et Le P’tit Bonheur, puis se fait remarquer par un imprésario français qui l’invite de l’autre côté de l’Atlantique.
Là-bas, il fait la rencontre d’autres artistes, dont la môme Édith Piaf.
Après quelques tournées européennes, il revient au Québec et s’éteint le 8 août 1988 à 8 h.
La pièce Félix, je me souviens sera présentée jusqu’au 25 octobre à Montréal et jusqu’au 15 novembre à Québec.
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