L’ex-juge Jacques Fournier, qui a enquêté sur les allégations d’irrégularités dans la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), reconnaît qu’il n’a pas consulté tous les messages échangés par la députée Sona Lakhoyan.
Joint au téléphone vendredi, M. Fournier n’avait pas pris connaissance du rapport de la commissaire à l’éthique Ariane Mignolet publié jeudi, qui blâme sévèrement la députée de Chomedey. Il a toutefois lu dans les médias que Mme Lakhoyan utilisait un canal de discussion sur l’application WhatsApp avec ses employés.
M. Fournier dit avoir demandé à voir les SMS de Sona Lakhoyan lors de son enquête de décembre dernier. Mais il ne se souvient pas lui avoir demandé s’il existait d’autres messages dans d’autres canaux de discussion.
« Je n’ai pas vu de WhatsApp dans ce qui m’a été remis », a-t-il indiqué.
Dans son rapport sur des activités partisanes qui ont eu lieu au bureau de circonscription de Chomedey, la commissaire à l’éthique écrit que Mme Lakhoyan a supprimé des éléments de preuve sur la messagerie WhatsApp.
Dans les heures après avoir appris qu’elle était visée par une enquête, la députée a modifié les réglages de l’application pour empêcher toute personne d’enregistrer des images et d’exporter l’historique de la conversation, indique le rapport.
Pire encore, elle n’a pas transmis les échanges de messages dans WhatsApp à la commissaire alors que cette dernière lui avait pourtant demandé de lui transmettre tous les documents en sa possession, peu importe leur mode de transmission.
La députée avait prétendu que ce canal ne constituait pas un « outil de travail officiel ». Ce canal de discussion était, selon elle, « privé ».
Remise volontaire
L’ex-juge Fournier avait été mandaté en novembre 2025 par le PLQ. Il cherchait à connaître l’origine de textos qui ont circulé au printemps 2025 et qui laissaient entendre que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez avaient été récompensés avec de l’argent.
Il devait aussi identifier toute violation à la Loi électorale, au Code d’éthique et de déontologie du PLQ ou aux encadrements de la course à la chefferie.
Mme Lakhoyan avait déclaré sous serment avoir remis volontairement ses relevés de cellulaire personnel et professionnel ainsi que « des vidéos, des enregistrements, des copies de textos ».
Elle a aussi affirmé qu’elle n’avait pas supprimé de messages textos sur son cellulaire personnel ou professionnel en 2025.
Le juge n’avait pas réussi à faire la lumière sur la situation, se décrivant lui-même à l’époque comme un chien de chasse édenté.
« Moi je cherchais à savoir d’où venaient les textos, c’était le propos de mon enquête [...]. Si [des textos] étaient effacés, je ne les ai pas vus », a-t-il indiqué vendredi à notre Bureau d’enquête.
« Un texto, c’est un texto. SMS ou autre... j’ai demandé les textos et on m’a dit qu’il n’y en avait pas. J’ai regardé les relevés de Vidéotron et ils ne montraient rien », a-t-il ajouté.
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