Des agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ont visité les bureaux de Cadex Defence à Saint-Jean-sur-Richelieu après la découverte en Russie de fusils de sniper fabriqués au Québec, malgré les sanctions.
C’est Global News qui a révélé l’affaire mardi après son enquête l’automne dernier montrant que des tireurs d’élite russes ont des fusils québécois, malgré les interdits.
Cadex avait nié avoir « vendu, exporté [ou] autorisé le transfert de l’un de ses produits vers la Fédération de Russie, directement ou indirectement ».
L’entreprise disait se conformer à la loi et « s’assurer que tous les distributeurs et agents autorisés respectent les lois canadiennes sur le contrôle des exportations et les régimes de sanctions ».
Le Journal n’a pas été en mesure de joindre mardi le PDG et actionnaire majoritaire de Cadex Defence, Serge Dextraze, pour obtenir plus de détails.
Depuis l’invasion russe en Ukraine en 2022, le Canada a serré la vis contre le régime de Vladimir Poutine en empêchant nos entreprises de vendre leurs produits là-bas.
Encore lundi dernier, Ottawa a annoncé une série de nouvelles sanctions pour répondre à des violations commises à l’encontre d’enfants ukrainiens.
« Des milliers d’enfants ukrainiens ont été illégalement déportés ou transférés de force, et ont été exposés à l’endoctrinement et à la militarisation par les autorités russes en Russie et sur les territoires ukrainiens temporairement occupés », note Affaires mondiales Canada.
«Il y a une faille»
D’après Paul Laurier, ex-enquêteur à la Sûreté du Québec (SQ), qui est allé plusieurs fois en Russie, le SCRS aura du mal à trouver les coupables dans ce dossier.
« C’est sûr qu’il y a une faille dans le système quelque part. Il y a une compagnie de façade : soit que ça a été volé, soit que ça a été sciemment transigé », analyse-t-il.
« Ça vaut de l’or avec toutes les restrictions autour de ce pays », ajoute-t-il.
Au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), on refuse de se mouiller, mais on confirme « lutter contre les achats illicites effectués par la Russie », selon les mots de sa porte-parole, Magali Hébert.
Dans son rapport public publié en 2025, le mot « Russie » apparaît à plus de 21 reprises.
« En 2025, la Russie avait toujours l’intention et la capacité de se procurer de façon illégale des technologies assujetties à des sanctions et à des contrôles à l’exportation auprès de l’Occident, notamment du Canada », écrit-on noir sur blanc.
Il y a trois ans, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a fait appel à Cadex Defence pour un contrat d’achat d’armes multicalibres de près de 86 000 $.
L’École de technologie supérieure (ETS) a également conclu un contrat avec elle pour des tests de sécurité pour casque de protection de plus de 78 000 $ et un autre de 38 500 $ dans le passé.
« Investissement Québec n’est jamais intervenu dans l’entreprise Cadex ou ses entreprises affiliées », indique Samuel Bergeron, porte-parole du bras investisseur.
– Avec Philippe Langlois et Nicolas Brasseur
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