De plus en plus d'agents incognito pour contrer la hausse du vol à l'étalage

1 week ago 12

Avez-vous remarqué le même grand homme baraqué déambuler dans les allées de votre pharmacie, écouteurs aux oreilles, tout en scrutant les moindres faits et gestes de certains clients ? Bravo ! Il s’agit sans doute d’un des nombreux agents de sécurité en civil récemment engagés pour prévenir le vol à l’étalage dans les commerces, qui a bondi de 56 % en cinq ans.

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Dans un Jean Coutu du quartier Villeray, à Montréal, le même homme parcourt presque chaque jour les rangées du commerce. Il flâne, examine les produits sur les tablettes, parle au téléphone et – surtout – guette les clients. 

On le reconnait facilement par sa taille et sa carrure imposantes. 

« Nous constatons une hausse du vol à l’étalage. Dans ce contexte, différents moyens sont mis à la disposition de nos succursales pour maintenir un environnement sécuritaire. Le recours aux agents de sécurité, visibles ou non, peut en faire partie », souligne la porte-parole des pharmacies Jean Coutu et Brunet, Catherine Latendresse. 

« Pour des raisons de sécurité et d’efficacité », dit-on, la société Metro, propriétaire des deux bannières, ne peut commenter les mesures précises mises en place ni leur déploiement en magasin. 

Si la représentante de 24 heures a toutefois remarqué l’omniprésence de ce « détective de plancher » en fréquentant son Jean Coutu de quartier deux fois par semaine, il y a fort à parier que d’autres clients ont su faire de même. 

La mesure permet-elle réellement de prévenir les larcins, donc ? 

Plus d’agents, plus de signalements

Le nombre d’agents de sécurité privée augmente au même rythme que le vol à l’étalage au Québec. 

Entre 2021 et 2025, le Service de police de la Ville de Montréal (SVPM) a enregistré une hausse de 56 % de cette infraction criminelle parmi les détaillants situés sur son territoire. 

Épiceries, pharmacies, quincaillerie, stations-service : la crise du coût de la vie et la progression du taux de chômage semblent stimuler le vol, notamment dans les commerces essentiels, selon le SPVM. 

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« Certains détaillants ont renforcé leurs pratiques de prévention et leurs procédures de signalement, ce qui peut contribuer à une hausse des événements rapportés », explique la porte-parole de la police de Montréal, Samantha Velandia. 

Parmi ces « pratiques » : le recours aux agents de sécurité en uniforme ou en civil. 

Au même moment, l’industrie de la sécurité privée connait en effet une croissance importante dans la province. Le nombre de permis d’agent octroyés par le Bureau de la sécurité privée (BSP) a bondi de 27 % entre 2021 et 2025, passant de 48 000 à près de 61 000. 

Notons que les détectives de plancher observés dans les commerces n’ont aucun lien avec le SPVM. 

Le corps policier ne participe pas « à la sélection, la gestion ou la supervision des agents de sécurité privés », précise Samantha Velandia.

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