La décision de Donald Trump, de débaptiser le lac Ontario pour le lac d’Amérique fait grincer des dents à un expert en toponymie, pendant qu’elle se voit déjà sur les services de carte en ligne.
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« Ce n’est pas de la toponymie, c’est de l’abus de pouvoir », fustige Jean-François Leclerc, ex-président du comité consultatif en reconnaissance de la Ville de Montréal.
Cette instance est le type d’organisme qui s’occupe normalement d’examiner avec prudence les demandes de changement de nom dans une démocratie et les propositions pour nommer de nouveaux lieux.
C’est tout le contraire qu’a fait le président Donald Trump lorsqu’il a décidé du jour au lendemain de renommer le lac Ontario, de toute apparence de manière impulsive après l’échec des négociations commerciales avec le Canada.
Deux jours après que Donald Trump eut signé un décret officialisant le changement de nom, le premier ministre ontarien Doug Ford a dévoilé samedi à Hamilton une pancarte proclamant : « Lac Ontario aujourd’hui et pour toujours ».
Le lendemain, la Maison-Blanche s’est félicitée de voir que Google Maps avait effectué le changement pour « Lac d’Amérique ».
Conséquence : plusieurs cartes utilisées sur les sites des sociétés d’État québécoises et canadiennes affichaient d’ailleurs « Lac d’Amérique » dimanche. « Nous regrettons cette erreur », a écrit la compagnie ontarienne Hydro One ».
« C’est changer l’histoire »
Aux États-Unis, les changements de noms doivent normalement faire l’objet d’un long processus au Bureau des États-Unis pour le nommage géographique (BGN).
Ces processus sont importants pour s’assurer d’éviter que des modifications causent des controverses, explique Jean-François Leclerc. Ces instances vont ainsi notamment éviter de débaptiser des noms qui « font consensus et qui sont enracinés dans l’histoire », poursuit-il.
« Dans le cas de ce qu’il fait, c’est carrément changer l’histoire », soutient-il, comparant le geste de Trump aux régimes autoritaires qui changent unilatéralement les noms qui « ne font pas leur affaire ».
Le nom du lac Ontario provient du mot wendat « Ontari’io », qui signifie « le lac est beau, le lac est grand ». « Ce nom remonte à plus de 400 ans, bien avant la Confédération canadienne et la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique », avait rappelé jeudi le premier ministre Mark Carney.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Pont Maurice-Richard
Jean-François Leclerc compare l’affaire du « Lac Amérique » à celle du pont Samuel-de-Champlain, bien que moins choquante. À sa construction, une proposition à ce que le nouveau pont soit baptisé « le pont Maurice-Richard » avait provoqué une certaine levée de boucliers.
Enfin, M. Leclerc regrette de voir les géants comme Google plier devant le président.
« C’est un peu inquiétant pour la démocratie. C’est un autoritarisme qui a un effet sur des mégacompagnies qui contrôlent une partie de l’information mondiale », se désole-t-il.
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2 weeks ago
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