Comment je suis tombée en amour avec mon chat

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Lorsque j’ai vu cette petite chose gris et blanc gambader entre les herbes folles du jardin, j’ai tout de suite eu un coup de cœur.

Impossible de résister à ce chaton sauvage aux yeux bleus en amande qui semblait me dire : « Amène-moi chez toi ».

Avais-je besoin d’un autre chat dans la maison ? Clairement pas. Nous avions déjà Lulu, le chat de ma fille. Hors de question d’en avoir un autre.

« Il lui faut un compagnon de jeu », me répétait ma fille déterminée à me faire plier. « La solitude, c’est pas drôle, même pour les chats. » Bon point.

D’autant plus que les deux félins sont de la même famille, de portées différentes. Leur mère a élu domicile à Saint-Lambert, chez mon amie Anne, qui ne peut se résoudre à la faire opérer.

Chaque fois, la mère vient lui porter ses petits comme pour lui dire : « À ton tour de t’en occuper. Moi, j’ai fait mon effort. »

Depuis qu’on la connaît, elle en a eu, des chatons. Anne leur trouve toujours des familles. Un chat sauvage qui a la chance d’être adopté vivra jusqu’à 15 ans. Le moins chanceux va errer dans les rues.

« Il fera pas deux ans », m’a déjà dit un vétérinaire.

La vie est injuste, même pour les chats.

Notre chroniqueuse Isabelle Maréchal a adopté Zizou, qu’elle a nommé ainsi en l’honneur de Zidane.

Notre chroniqueuse Isabelle Maréchal a adopté Zizou, qu’elle a nommé ainsi en l’honneur de Zidane. Photo collaboration spéciale Isabelle Maréchal

Un chat pacha

J’ai donc adopté Zizou, nommé en l’honneur de Zidane. Comme le champion de foot français, il dribble la balle comme un pro.

Chaque fois qu’il se colle contre moi, je suis heureuse de lui avoir sauvé la vie.

Je réalise à quel point posséder un animal de compagnie coûte cher. C’est carrément du luxe. L’inflation a gagné les sacs de croquettes. La litière de base coûte plus d’une heure de travail au salaire minimum. Le double si elle sent la lavande.

Zizou a beau être un chat des rues, monsieur a des goûts de pacha. L’autre jour, j’ai acheté deux sacs de litière de 12 kg et 50 boîtes de pâté, ça m’a coûté 150 $ !

Une vie de chien

Pas étonnant que des gens se privent pour nourrir leurs précieux compagnons.

La SPCA de Montréal a même ouvert une banque alimentaire pour animaux. Oui, comme pour les humains. On est rendu là.

Faute d’argent, certains donnent leur animal à qui voudra le prendre. D’autres l’abandonnent parce qu’il n’est pas permis dans leur nouveau logement. Les refuges débordent et parlent d’une véritable crise.

Ça dit quoi de notre société quand pitou et minou deviennent un poste budgétaire aussi important ?

Pourtant, ces petites choses ont tellement un impact positif dans nos vies.

Une dame qui vit seule me disait récemment en ravalant ses larmes qu’elle venait de faire euthanasier son chien.

« Il était malade. Ça me coûtait trop cher de soins vétérinaires. Je m’ennuie de lui. C’est trop injuste. »

La vie est injuste, même pour les humains.

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