Christine Fréchette: une triste fin de campagne de fin de régime

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Si la tendance se maintient, pendant que le Parti Québécois conserve son avance, la Coalition Avenir Québec de Christine Fréchette se dirigerait vers un naufrage similaire à celui qui l’attendait sous François Legault. 

Tout ça pour ça, comme dirait l’autre...

Cela n’a pourtant rien d’étonnant. Comme je l’avançais ici en juillet, la grande erreur des stratèges caquistes aura été de tabler uniquement sur le marketing politique dans l’espoir de rafler, par miracle, un troisième mandat.

Ils l’ont fait en présentant leur nouvelle cheffe – femme, jeune, hyperactive et prête à collaborer avec le très populaire Mark Carney -, comme l’image bénie d’une antithèse parfaite de François Legault.

Il est vrai qu’en quelques semaines, leur poudre de perlimpinpin avait réussi à remplumer la CAQ. Sans renouveau réel sur les idées, l’obsession de l’image a toutefois primé.

Résultat : Mme Fréchette n’a jamais su montrer qu’elle possédait l’étoffe d’une cheffe de gouvernement pour les prochaines années.

C’est pourquoi elle était destinée à échouer au « vrai » test de leadership : le test de la campagne électorale.

La peur de Trump et du référendum promis par le PQ, qu’elle a aussi brandie comme un épouvantail dès le lancement de sa campagne, ne l’aura pas libérée non plus du boulet de huit ans d’un gouvernement décevant.

Histoire abracadabrante

Les débats des chefs en ont fait l’indéniable démonstration. Idem pour cette histoire abracadabrante de soi-disant ingérence américaine que l’équipe de Mme Fréchette a tenté de couler aux médias.

Digne d’un mauvais roman policier, cette opération broche-à-foin fut lancée en désespoir de cause pour tenter de freiner la chute de la CAQ en faisant passer le PQ pour le « méchant » au service des pires desseins de Trump.

Suivirent les versions contradictoires de Mme Fréchette et son réflexe inouï, pour s’en déresponsabiliser, de jeter son équipe sous l’autobus avant de se raviser à nouveau lundi en leur offrant son pardon.

C’est à y perdre son latin. Le plus dommageable pour la CAQ est que ce dernier vaudeville confirme d’emblée l’ensemble de son œuvre.

Déboussolée

La réalité a laissé voir une première ministre déboussolée et brouillonne sous pression tout comme son prédécesseur l’était durant son deuxième mandat.

Autant dans la machine gouvernementale que celle de la CAQ, on voit poindre aussi les mêmes travers d’improvisation et d’amateurisme pendant que les services publics sont toujours aussi inefficaces.

Sur le plan démocratique, ce dénouement a néanmoins quelque chose de rassurant en ce que la campagne aura permis à l’électorat de voir à travers le marketing politique des stratèges caquistes.

Comme quoi, le contenant ne triomphe pas toujours du contenu et les campagnes électorales ne sont pas toujours des concours de personnalités.

Les électeurs ont vu que malgré sa nouvelle cheffe, son nouveau logo et sa nouvelle appellation, sur le fond des choses, la CAQ de Christine Fréchette se comporte encore comme celle de François Legault.

En ces temps lourds de politique spectacle, de « faits alternatifs » et de polarisation à tous vents, la démocratie québécoise tient bon.

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