Christine Fréchette et son metteur en scène

1 week ago 5

Christine Fréchette a-t-elle les mêmes stratèges que Mark Carney ? 

Je me suis posé la question depuis son arrivée en poste à Québec – et même un peu avant, en constatant que sa campagne à la chefferie, essentiellement une campagne de marketing, se présentait comme un réflexe de survie de la caste au pouvoir. C’était la même stratégie, le même discours, même si les parcours n’étaient pas les mêmes.

Je me la suis posée encore plus à la suite de son voyage « diplomatique » aux États-Unis.

Expliquons clairement : ce voyage, avec les rencontres ayant pour fonction d’en confirmer l’importance, n’aurait jamais été possible sans la bénédiction d’Ottawa. Ottawa l’a rendu possible, Ottawa l’a favorisé, Ottawa l’a même à sa manière voulu.

Washington

On se demandera alors pourquoi ? Comment expliquer cette bonne entente relative et soudaine ?

Le calcul apparaît alors assez évident : le gouvernement fédéral redoute plus que jamais l’arrivée des vrais nationalistes, je veux dire les indépendantistes, en octobre prochain, et il cherche la meilleure manière de les parer, de les vaincre. Ottawa, disons-le autrement, redoute une victoire du Parti Québécois, avec, en PSPP, un chef aussi résolu que l’était Jacques Parizeau en 1995.

Dès lors, il mise sur deux stratégies pour empêcher son élection.

D’un côté, il favorise Christine Fréchette en laissant croire que le nationalisme peut faire des gains dans le Canada – mais il s’agit de gains illusoires, sans contenu, de gains d’apparence, qui ne correspondent à rien de concret.

L’essentiel est de lui permettre de redorer le blason de la CAQ pour lui permettre de grailler quelques points au PQ. Dans ce scénario, la CAQ prendrait suffisamment de votes au PQ, ce qui la conduirait à former un gouvernement minoritaire.

Encore mieux, la division du vote nationaliste pourrait servir le PLQ, qui profiterait de la division des francophones pour se faufiler. Je n’y crois pas trop, mais il me semble évident qu’Ottawa, à sa manière, joue cette carte autant qu’il peut la jouer.

De l’autre côté, sur le moyen et le long terme, Ottawa rêve de transformer le PLQ en parti naturel de gouvernement au Québec, en modifiant la composition démographique de la population. Il s’agit de créer un électorat structurellement libéral, où le nationalisme, tôt ou tard, ne pourra plus gagner. Il s’agit de verrouiller démographiquement l’avenir politique du Québec. La stratégie a fonctionné en 1995. Ottawa veut désormais que ce verrou soit définitif.

PQ

Pour l’instant, l’opération Fréchette semble plaire à une partie du commentariat, qui a trouvé son slogan pour en parler : « sans fautes ! » C’est ce qu’on aime répéter à propos de ses premiers jours dans ses fonctions. Ce à quoi je répondrai poliment : foutaise ! Il y a des limites à s’émerveiller d’une propagande aussi grossière.

Il y a aussi un devoir de lucidité : il faut décrire la propagande, plutôt que la célébrer, il faut expliquer la stratégie, plutôt que s’y plier. Sauf si on veut y participer.

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