Le souverain britannique Charles III débarque à Washington. Peu de rois ont visité la capitale américaine dans l’histoire, et surtout la Maison-Blanche.
Le président Donald Trump a justifié cette visite royale en invoquant les liens de sang entre les deux peuples, rappelant que les premiers colons en terre d’Amérique auraient importé le noble esprit britannique sur un continent « sauvage ». Disons-le franchement, côté histoire, on repassera.
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SANS NOUS, VOUS PARLERIEZ FRANÇAIS
Dans une mise au point aussi subtile que piquante, le souverain britannique a renvoyé une balle courbe aux Américains. Quelques mois avant cette visite historique, le président Trump avait affirmé à Davos que, sans l’aide des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, les Européens parleraient « allemand et un peu japonais ». Charles III a donc saisi l’occasion pour répliquer avec un humour bien britannique en lançant : « Permettez-moi de suggérer que, sans nous, vous parleriez français. »
C’est une allusion directe à la conquête britannique de l’Amérique du Nord au XVIIIe siècle, un clin d’œil à la fameuse bataille des plaines d’Abraham, qui mène à la capitulation de Montréal en 1760 et à la chute de la Nouvelle-France. Un événement qui fait basculer l’équilibre des puissances et met fin à la domination territoriale française en Amérique.
Élisabeth II a effectué plusieurs visites, dont des visites d'État en 1957, 1976, 1991 et 2007. Sur cette photo on peut voir la reine Elizabeth II, Richard Nixon, Mme Mamie Eisenhower et le prince Prince Philip à Washington, D.C. lors de la tournée nord-américaine de la reine en 1957. Alfred Eisenstaedt The LIFE Picture Collection
PETIT RAPPEL HISTORIQUE EN QUELQUES DATES
Rappelons que l’indépendance américaine s’est gagnée contre Londres, avec l’aide décisive de Paris.
Au terme de la guerre de Sept Ans (1756-1763), la Grande-Bretagne domine l’Amérique du Nord. Mais cette victoire a coûté cher au pays britannique, et Londres impose de nouvelles taxes aux colonies. C’est le début d’une contestation populaire, résumée par le slogan « No taxation without representation ».
En décembre 1773, la rupture prend forme à Boston lors du Boston Tea Party, lorsque les colons rejettent l’autorité britannique. Deux ans plus tard, les batailles de Lexington et Concord (Massachusetts) marquent les premiers affrontements armés entre les Britanniques et la nation américaine naissante.
Puis, le 4 juillet 1776, la Déclaration d’indépendance des États-Unis officialise la rupture avec la Couronne britannique. Vous comprenez maintenant pourquoi les Étasuniens ont congé férié le 4 juillet.
En 1778, l’alliance des États-Unis avec le royaume de France change le rapport de force : le Traité d’alliance franco-américaine conclu durant la guerre d’indépendance formalise leur alliance militaire contre la Grande-Bretagne.
En 1781, la victoire américaine au siège de Yorktown (Virginie) est rendue possible en grande partie grâce à la flotte française. Sans la marine française, les Britanniques auraient pu se replier.
Finalement, en 1783, le Traité de Paris force Londres à reconnaître l’indépendance des États-Unis. On peut donc difficilement nier que, si les Américains se sont libérés de Londres, ils doivent en bonne partie cette victoire à Paris.
L’IRONIE DE L’HISTOIRE
Bref, cette année, les Étatsuniens célèbrent leur 250e anniversaire d’indépendance en déroulant le tapis rouge à un roi britannique. L’histoire a parfois le sens de l’ironie. Reste à voir si Donald Trump aura la mémoire assez longue pour inviter aussi le président français Emmanuel Macron.
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1 week ago
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