Ce qui devait être un cadeau de fête pour ses deux petits-enfants s’est transformé en accident douloureux pour Layla Bakir. La grand-mère a percuté son petit-fils, qui était resté coincé au milieu d’une longue tyrolienne à Arbraska, à Rawdon, et dénonce aujourd’hui le manque de surveillance sur les lieux.
« C’est un accident qui aurait pu être évité », déclare la grand-mère de 47 ans à l’Agence QMI, alors qu’elle relate sa journée de samedi dernier, passée avec ses deux petits-enfants.
La journée se déroulait sans encombre au parc d’activités de Lanaudière, où l’aînée âgée de 6 ans et le plus jeune de 5 ans s’amusaient dans les parcours aériens.
La situation a toutefois pris une tout autre tournure lorsqu’ils ont décidé de faire la grande tyrolienne, située à l’écart des autres installations, entre l’accueil et le stationnement.
« On y va, on monte, on arrive à la plateforme, il n’y a personne. Il n’y a pas de surveillants, il n’y a pas d’opérateur, on est laissés à nous-mêmes », constate Layla Bakir.
Selon elle, la seule consigne donnée était de crier « OK » afin d’indiquer à la personne suivante que la voie était libre.
« On est vraiment très haut. [...] Tu pars avec un grand élan et à peu près à peut-être même pas 10 pieds, tu ne vois plus rien », explique-t-elle, précisant que les arbres obstruent la vue sur la tyrolienne.
Selon elle, il était ainsi difficile d’apercevoir une personne en train de faire le parcours ou d’entendre clairement les sons provenant de la plateforme d’arrivée.
La fillette de 6 ans s’élance la première. Quelques instants plus tard, sa grand-mère entend son « OK ». Vient ensuite le tour de son petit-fils. Mme Bakir affirme toutefois avoir attendu un bon moment, tendant l’oreille pour entendre le signal.
« Là, j’entends comme la voix de ma plus vieille. Je me dis : “Ah, bon, ça doit être le signal”. Je ne le savais pas, mais elle criait pour aller essayer d’attraper la jambe de son frère pour le ramener à la butte [d’arrivée] », explique-t-elle.
Trop léger pour cette longue tyrolienne, le garçon n’aurait pas pris suffisamment de vitesse pour atteindre la plateforme d’arrivée. Il serait plutôt resté suspendu au milieu du parcours.
Aucun poids minimal n’était imposé pour utiliser la tyrolienne, mais elle est catégorique : si elle avait su que son petit-fils resterait coincé, jamais elle ne l’aurait laissé faire l’activité.
« Au moment où je suis descendue, j’ai vu que j’arrivais à pleine vitesse [...] et là je le vois en plein milieu. [...] J’ai réagi comme un genre de coussin gonflable. Je l’ai vraiment agrippé de toutes mes forces, de mes jambes et de mes pieds, puis je l’ai serré vraiment très fort contre moi, puis c’est ça, j’ai eu l’impact », souligne-t-elle.
Sous la force de l’impact, Mme Bakir s’est frappée le visage contre le casque de son petit-fils. Elle affirme avoir alors subi un « blackout » sur le coup, perdant la vue et ressentant un engourdissement du côté droit.
À la suite de l’incident, Mme Bakir a été examinée par des spécialistes qui lui ont diagnostiqué une commotion cérébrale sévère ainsi qu’une fracture du plancher orbital.
Son petit-fils, à son grand soulagement, n’a subi aucune séquelle à la suite de l’événement.
Manque de sécurité
Layla Bakir déplore le manque de surveillance à la grande tyrolienne.
« On vient dans un site familial où est-ce que l’organisation devrait prendre des mesures pour que ça n’arrive pas », soutient-elle.
Elle estime notamment que la présence d’opérateurs aurait pu permettre d’éviter l’incident.
« C’était quoi de mettre quelqu’un à la plateforme d’en haut, un employé à la plateforme d’en bas avec des walkies-talkies, qui se disent “OK, c’est bon, tu peux envoyer l’autre personne” ? », propose-t-elle.
De son côté, Arbraska indique prendre la situation de Mme Bakir « très au sérieux » dans un courriel envoyé à l’Agence QMI.
Selon l’entreprise, « cette partie du parcours est conçue pour se dérouler de façon autonome, avec des consignes de sécurité claires ».
« La compréhension théorique et pratique de chacun des participants est vérifiée avant le début de l’activité, par nos moniteurs formés et qualifiés », a écrit la directrice des opérations du Groupe Trekking, Catherine Brunet-Collard, ajoutant que l’âge minimal pour emprunter la grande tyrolienne est de 5 ans.
Concernant la sécurité de l’activité, Mme Brunet-Collard affirme que l’équipe se penche sur la situation, analyse les faits et apportera des ajustements si nécessaire.
« Notre équipe est sur le terrain à Rawdon et nous sommes en train d’évaluer cette partie précise du parcours afin de nous assurer que la situation de Madame Bakir ne se reproduise pas », a-t-elle ajouté.
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1 week ago
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