Être adulte, avoir atteint l’âge de la majorité, ne signifie plus grand-chose au Québec.
D’exception en exception, la notion même de responsabilité d’adulte est en train d’être changée, sans vision d’ensemble. On réagit beaucoup, on réfléchit peu.
Fumer un joint
En théorie, l’âge de la majorité est fixé à 18 ans. Notre Code civil le prévoit et ajoute que « la personne, jusqu’alors mineure, devient capable d’exercer pleinement tous ses droits civils ».
Mais cette « capacité de majeur » peut être limitée par une loi. Par exemple, même si le fédéral a légalisé le cannabis pour les adultes, le Québec a décidé qu’il fallait avoir 21 ans pour en acheter légalement.
Il existe des raisons de santé, liées au développement du cerveau, pour imposer une telle limitation. Cependant, on a le droit de s’interroger sur la logique selon laquelle un majeur de 18 ans peut demander l’aide médicale à mourir tandis qu’il ne peut pas fumer un joint.
Consulter un médecin
Le même Code civil prévoit que « le mineur de 14 ans et plus peut consentir seul à ses soins ».
Ce qui a commencé comme norme pour permettre notamment aux jeunes femmes de 14 ans et plus de consulter pour se faire prescrire la pilule anticonceptionnelle est devenu une règle qui permet, sauf exception, d’exclure les parents.
Bannir quoi, comment ?
En même temps, nous assistons quotidiennement à des demandes de bannir ceci ou cela pour les adolescents.
Le décès récent d’un ado qui prenait certains médicaments et qui a avalé une « boisson énergisante » est une tragédie que tout le monde ne voudrait jamais voir se répéter. Mais bannir, sans pouvoir réellement appliquer une telle interdiction, est-ce la meilleure solution ?
On veut maintenant bannir l’accès aux réseaux sociaux aux ados. Tout comme l’idée de bannir les « boissons énergisantes », ça part d’un tellement bon sentiment qu’il est difficile d’être contre.
Mais on « bannit » qui, à quel âge, de faire quoi, et on applique ça comment ?
J’ai grandi à une époque où les parents capotaient à propos de la prolifération de la drogue. Désolé de partager ce secret, mais le fait que c’était interdit faisait partie de l’attrait.
Les médias sociaux sont une réalité qu’il faut apprendre à maîtriser, mais est-ce que « bannir l’accès » aux ados va faire autre chose que donner bonne conscience aux adultes ? Ouf... une chance qu’on a banni l’accès aux réseaux sociaux aux ados, pas besoin d’être présent auprès de nos enfants !
Et les parents ?
Les parents d’aujourd’hui capotent, comme ceux de ma jeunesse, des changements rapides dans notre société, mais soyons honnêtes, les « écrans » étaient souvent des baby-sitters bien commodes.
Il y a des obligations d’information, d’éducation et, oui, de surveillance et de responsabilité parentales qui doivent demeurer au premier plan.
On n’arrive déjà pas à appliquer les lois qu’on a.
Interdire peut donner bonne conscience, mais ça ne remplacera jamais la présence bienveillante d’un parent bien informé qui s’intéresse activement à la vie de son enfant.
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1 week ago
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