Malgré toute leur bonne volonté, les intervenants de La Dauphine, à Québec, peinent à maintenir une offre de service suffisante pour correspondre aux besoins grandissants liés à l’itinérance jeunesse.
Depuis le début de l’année 2026, il y a eu pas moins de 11 000 fréquentations au centre d’aide aux jeunes de 12 à 35 ans en situation d’itinérance situé au 31, rue D’Auteuil, en plus de 2700 nuitées en hébergement d’urgence. Dans les deux cas, les chiffres ont explosé dans les cinq dernières années.
« Pour l’hébergement, c’est très crève-cœur. On a beaucoup plus de demandes que de places disponibles, donc on fait une pige tous les jours », raconte l’agent de liaison de La Dauphine, Félix-Antoine Leclerc.
Depuis l’instauration de son service d’hébergement d’urgence en 2017, La Dauphine dispose de 15 lits l’hiver et d’une dizaine pendant l’été. Les places sont donc très convoitées.
« Le jeune que tu ne piges pas, il doit retourner bredouille dans la rue et on se sent tellement impuissant », se désole l’intervenant.
Une famille
Si Félix-Antoine Leclerc continue à effectuer ce travail difficile, mais nécessaire, c’est en raison du contact humain avec les jeunes qui fréquentent Le Local, un espace aménagé pour accueillir ceux qui veulent profiter d’un espace sécuritaire où décompresser, manger, se laver et se retrouver.
« Ça devient comme une famille : on voit les mêmes visages au quotidien et il y a un fort sentiment d’attachement à La Dauphine chez nos jeunes. Nous-même, on s’attache à eux et on veut qu’ils s’en sortent », explique l’agent de liaison.
En plus d’intervenir au quotidien auprès des jeunes qui fréquentent La Dauphine, l’agent de liaison Félix-Antoine Leclerc a pour mandat de les accompagner dans diverses démarches administratives comme l’obtention de leur carte d’assurance-maladie ou de leur certificat de naissance dans le but de se trouver un logement. Photo Vincent Desbiens
Mais qu’est-ce qui démarque La Dauphine et qui entraîne cette appartenance ?
« La notion d’espoir, répond sans hésiter Félix-Antoine Leclerc. Il y a des jeunes qu’on a aidés à se sortir de la rue qui témoignent de leur expérience et qui vont pousser les autres à persévérer même si ça prend du temps. »
Solution à long terme
Pour le nouveau directeur général de La Dauphine, Alexandre Fortin, la solution n’est pas d’ajouter des lits d’urgence : il faut trouver un logement à ces jeunes qui tentent de s’en sortir.
« Si on pouvait offrir 50 lits l’hiver, on les remplirait. Mais on ne veut pas se contenter d’une solution d’urgence. »
Le nouveau directeur général de La Dauphine, Alexandre Fortin (à gauche), et le directeur adjoint, Nicolas Chabot, estiment tous les deux que le fait d’ajouter des lits d’urgence ne changera rien. Ils souhaitent que les paliers de gouvernement continuent d’investir dans des projets de logement transitoire. Photo Vincent Desbiens
La Dauphine inaugurera cet automne ses 27 premiers logements transitoires à l’Hôte Dauphine, un tout nouveau bâtiment de la Pointe-aux-Lièvres, à Limoilou.
« On pense que c’est comme ça qu’on va sauver des vies et aider un maximum de jeunes à s’épanouir », poursuit le directeur général.
Cocktail-bénéfice
Pour amasser des fonds afin de financer ses services entièrement gratuits, La Dauphine organise la deuxième édition de son cocktail-bénéfice le 16 juin prochain, au Diamant.
Coprésident d’honneur de l’événement avec le chef de la direction du Groupe Trudel, William Trudel, l’ex-maire de Québec Régis Labeaume a tenu à s’impliquer dans la cause après avoir quitté l’hôtel de ville.
« C’est une situation qui m’attriste énormément et qui empire, entre autres, avec la crise du logement. J’ai toujours soutenu la mission de La Dauphine, alors je leur donne un coup de main et je sais que les gens d’affaires de Québec ont la cause de nos jeunes à cœur », conclut-il.
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