Les artistes en situation de précarité financière doivent se rendre à l’évidence, ils n’ont « pas une vraie job », selon le candidat péquiste François Gariépy, alias « M. Radio X ».
En juin dernier, l’aspirant député de la circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré animait une émission de radio, dont le segment a été intitulé « Les artistes pleurnichards... sont déconnectés de la réalité ».
S’appuyant sur le parcours professionnel de son père, un homme de théâtre forcé de travailler à Radio-Canada pour gagner la croûte, François Gariépy a déclaré : « Si votre passion, si votre art ne vous mène pas comme ça à la fortune ou du moins à une espèce de suffisance financière, c’est peut-être que c’est pas une vraie job ».
Il réagissait ainsi aux reportages du Journal sur les artistes qui peinent à joindre les deux bouts, de plus en plus nombreux à demander de l’aide ou se tourner vers d’autres moyens pour arriver.
«Qu’est-ce que ça t’a fait de voir des chanteurs, des comédiens demander qu’on tisse en fait une espèce de tissu social plus propice à leur épanouissement à nos frais ? », a-t-il lancé à son co-animateur.
« Anne-Marie Withenchatte »
Plus récemment, en juillet, François Gariépy s’est livré à une liste exhaustive des « femmes d’exception...qui ont traversé l’épreuve du temps » dans son émission sur les ondes de Radio X : celles qui tapissaient son mur de chambre lorsqu’il était jeune et bien d’autres.
Les auditeurs ont notamment pu apprendre qu’il a déjà admiré profondément l’animatrice Anne-Marie Withenshaw, qu’il rebaptisait affectueusement « Anne-Marie Withenchatte ». « Quand je travaillais au Voir, on était un peu épris d’elle, c’est un hommage, je le dis en toute transparence », rigolait-il.
Ce n’est pas la première fois que François Gariépy fait parler de lui pour des propos tenus dans son ancienne vie d’animateur radio. L’utilisation qu’il a déjà fait par le passé du mot « squaw » pour décrire des femmes autochtones a aussi fait les manchettes au premier jour de la campagne électorale.
Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, avait jugé le terme inacceptable, mais n’avait pas pour autant l’intention de dégommer son candidat, qui s’est excusé.
Mais pour le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, le chef du Parti québécois ne peut rester de glace devant cette accumulation de propos disgracieux.
« Cette fois, je ne sais pas quelle excuse il y aura, mais clairement, comme politicien, c’est tout sauf bon, ça nous tire vers le bas, a-t-il commenté. Je m’en remets à son chef : il doit envoyer un message clair à ses candidats. Car l’absence de réaction est aussi un message ».
PSPP défend son candidat
Appelé à commenter ces nouvelles informations, le PQ défend à nouveau son candidat.
« La CAQ a mis son personnel sur l’écoute de six ans de contenu sur Radio X dans l’espoir de créer des diversions qui à l’évidence ne justifient pas d’annuler une personne, (...) des diversions pour détourner l’attention de nouvelles très graves sur le gaspillage caquiste de centaines de millions $ », fait-on valoir.
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2 weeks ago
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