Une femme qui allègue, dans une action collective, avoir été agressée sexuellement par le cardinal Marc Ouellet devra lui verser 100 000 $ car elle a menti et fait preuve de malice, selon un juge.
« L’impact de ce qu’a vécu le Cardinal Ouellet dans sa fin de carrière, après avoir eu le parcours professionnel qu’il a eu, est difficilement quantifiable », a tranché lundi le juge Martin Castonguay, de la Cour supérieure du Québec.
Le magistrat a condamné Paméla Groleau à verser ce montant « plus que raisonnable » à la suite d’un procès civil qui s’est tenu en mars dernier au palais de justice de Montréal. Il s’agissait du montant réclamé par le cardinal Ouellet dans son action en justice.
« Le cardinal Ouellet a été victime d’infamies et de propos infamants », selon le juge Castonguay.
Malice
Lors de son témoignage, l’agente de pastorale avait admis avoir subi une seule « agression sexuelle » lorsque l’homme d’Église a mis sa main jusqu’à son « pli fessier » il y a 15 ans.
« Impossible de faire ce qu’allègue Madame Groleau tout en tenant la Crosse épiscopale », a toutefois tranché le magistrat, faisant valoir que le cardinal tenait son bâton d’évêque au moment des faits allégués.
Mme Groleau avait mentionné dans le cadre d’une action collective contre le diocèse de Québec avoir été « agressée sexuellement » par Marc Ouellet lors de plusieurs événements entre 2008 et 2010.
Les autres événements mentionnés dans le recours servaient à contextualiser « la gradation dans les gestes qui devenaient de plus en plus intrusifs », a-t-elle nuancé ce printemps.
Mais selon le juge Castonguay, les allégations sont tout simplement « fausses » et « inutiles » pour l’action collective, qui visait principalement des prêtres pédophiles.
« Ses actes révèlent une très grande témérité équivalant à de la malice », a souligné à grands traits le magistrat.
« Tsunami médiatique »
Le dépôt de l’action collective en août 2022 a eu « l’effet d’un tsunami médiatique auprès de la communauté catholique de la terre entière », selon le juge Castonguay.
« Madame Groleau n’a que faire des conséquences des écrits et gestes qu’elle a posés, ayant affecté la réputation du Cardinal Ouellet, la seule vérité qui compte à ses yeux est la sienne », a-t-il souligné.
Lors du procès, deux autres femmes avaient juré avoir elles aussi été agressées sexuellement par l’homme d’Église. Cette preuve n’était toutefois pas pertinente, selon le juge qui n’a pas cru ces témoins.
Le cardinal Ouellet avait annoncé vouloir remettre la somme au profit de la lutte contre les abus sexuels subis par les Autochtones.
« Je n’ai pas du tout l’intention d’avoir des bénéfices matériels, ça ne m’intéresse pas. Mais le rétablissement de mon honneur et de mon intégrité, c’est important », avait lancé l’ancien archevêque de Québec, lors de son témoignage.
Avec Valérie Gonthier
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