À peine parti de l’Assemblée nationale, Jonatan Julien n’écarte pas un retour en politique municipale

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Comme plusieurs députés, Jonatan Julien vient de quitter le parlement avec ses boîtes. Si une porte se ferme, l’ex-ministre n’écarte pas d’en rouvrir une nouvelle éventuellement sur la scène municipale. Mais pour l’instant, il juge que « Bruno Marchand fait un bon travail ». 

À l’âge de seulement 54 ans, l’élu de Charlesbourg n’est manifestement pas encore prêt à tirer un trait sur sa carrière politique pour toujours.

Chose que peu de politiciens peuvent affirmer avec sincérité : « Faire du porte-à-porte, j’aime ça », a juré Jonatan Julien en se confiant à notre Bureau parlementaire tout juste avant de quitter l’Assemblée nationale, vendredi dernier.

Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

Il a goûté à ce plaisir pour la première fois en faisant campagne dans Charlesbourg sous la bannière de l’ADQ, avec Mario Dumont, en 2003, mais sans le succès espéré.

Dix ans plus tard, le comptable est finalement élu à l’hôtel de ville de Québec, où il devient le bras droit de Régis Labeaume.

Malgré la fin de ce chapitre sur une note un peu amère avec l’ancien maire, il dit avoir « adoré » son expérience.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Isabelle Perron, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

« Beaucoup de fun au municipal » 

« J’ai eu beaucoup de fun au municipal », résume-t-il. Finances, ingénierie, opérations de la Ville : « J’avais les coudées franches », se souvient M. Julien.

Même si représenter les électeurs de Charlesbourg à l’Assemblée nationale pendant huit ans a été pour lui « un privilège », il a vite constaté que la machine, sur la scène provinciale, était immense.

« Au municipal, tu prends une décision, la semaine suivante elle est appliquée. [...] C’est des services directs à la population », a souligné M. Julien.

Après deux heures d’entrevue, lorsqu’on lui demande s’il pourrait refaire le saut en politique municipale, il esquive la question. Deux fois plutôt qu’une, la même réponse : « Bruno Marchand fait un bon travail », se limite à dire M. Julien, tout sourire...

Il a plus tard précisé que ce ne serait pas comme conseiller et qu’il ne prévoit pas y retourner tant que M. Marchand poursuivra son travail à la mairie.

Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

Deux mandats bien remplis 

Ministre du gouvernement caquiste jusqu’à ce que Christine Fréchette devienne première ministre, Jonatan Julien se serait représenté, « c’est certain », si François Legault s’était accroché. Même chose si Simon Jolin-Barrette, un politicien « d’exception », n’avait pas renoncé à la chefferie.

En bon « gars de Québec », son mandat le plus important et le plus difficile a été celui de la Capitale-Nationale. Des dossiers « antagonisant » comme le troisième lien et le tramway venaient avec beaucoup de pression et des « attentes très élevées ». Son grand regret ? Ne pas avoir crié assez fort pour que toutes les grandes rencontres politiques aient lieu à Québec, dans la capitale. « J’aurais dû insister plus. »

Quant au troisième lien, le projet était assez avancé pour avoir un coût et un échéancier prêts à dévoiler, mais il accepte le résultat de la course à la chefferie et le choix de Mme Fréchette.

À défaut de faire du porte-à-porte cet été, Jonatan Julien entend en profiter pour promener le chien qu’il s’est acheté il y a deux semaines et retrouver ses enfants et ses amis, qui lui ont manqué, horaire oblige, lorsqu’il était ministre.

La politique, « sur la vie personnelle, c’est tough, et c’est tough pour les proches », peut-il témoigner.

Ce qu’il retient de son passage... 

  • aux commandes du ministère des Ressources naturelles et de l’Énergie : la signature du contrat d’électricité avec New York, d’une valeur de 30 milliards $US, « un très bon legs » qui sera « hyper payant » pour le Québec, selon lui. 
  • aux Transports : l’armement des contrôleurs routiers et avoir placé le tramway de Québec sur les rails, ouvrant la voie à l’accélération des travaux annoncée récemment par Christine Fréchette. 
  • aux Infrastructures : le virage vers le maintien d’actifs entrepris par la CAQ. 
  • dans Charlesbourg : avoir construit deux immenses écoles sur le terrain du zoo, un projet de 250 millions $, là où il ne s’était rien passé depuis 15 ans.  

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