La fin des travaux parlementaires a pris des airs de lancement de campagne électorale hier, à Québec. Voici un état des lieux pour chacun des chefs des partis, alors qu’on entend déjà le ronronnement des autobus.
PSPP maître de son destin
Invariablement depuis plus de deux ans, le PQ est en tête. Paul St-Pierre Plamondon s’est moins illustré dans une session entrecoupée par la formation du cabinet Fréchette. Il a de nouveau démontré vendredi qu’il pouvait être son pire ennemi en associant les mots « crime organisé » au financement du PLQ. Puis, il a beau présenter des pans détaillés de son projet d’indépendance, l’option ne lève pas. Comme d’autres chefs péquistes avant lui, il devra marcher sur un fil de fer en moussant la souveraineté sans trop en parler. Il doit continuer de constituer une équipe de candidats forts pour consolider l’impression que le PQ est le gouvernement en attente.
Fréchette, la pédale au plancher
Comme si elle entendait constamment le tic-tac de l’horloge lui rappelant le peu de temps dont elle dispose, elle a maintenu un rythme olympien avec un festival d’annonces et de rencontres importantes. Elle veut démontrer qu’elle a vraiment l’étoffe d’une première ministre et qu’elle n’est pas seulement de passage. Elle coupe le cordon de l’héritage de François Legault avec moins de retenue, une stratégie nécessaire pour représenter le changement... malgré huit ans de pouvoir. La nouvelle cheffe pourrait profiter du bénéfice du doute malgré les révélations sur la filière batterie, initiée par son prédécesseur. Mais où sont les nouveaux candidats de la CAQ, qui projetteraient une image de renouvellement ?
Milliard... en attendant la suite
Le PLQ a perdu des points ces dernières semaines, et à l’interne, certains s’impatientent. Chaque fois que Charles Milliard a parlé de la langue, il a eu l’air de jongler maladroitement avec des bâtons de feu. On ne comprend pas qu’il ait gonflé les attentes en promettant un meilleur plan sur la langue que celui du gouvernement, alors que sa base de militants anglophones l’attend avec une brique et un fanal. Trop peu de positions claires jusqu’ici pour que les citoyens soient séduits. Il a présenté des candidats d’envergure, mais pour les idées, on attend qu’il se dévoile, morceau par morceau...
Duhaime en dents de scie
Il n’a pas su maintenir le momentum après avoir convaincu l’ex-ministre Maïté Blanchette Vézina de passer dans le camp des conservateurs. Le chef a eu davantage accès au Parlement, mais il a préféré bourlinguer dans l’Ouest canadien lors de la reprise des travaux suivant l’élection de la nouvelle PM. Il tente sa chance dans Bellechasse afin de se faire élire, mais pourrait être perçu comme un parachuté opportuniste. Si les conservateurs se présentent comme les tenants du gros bon sens, ça n’a pas paru beaucoup lorsqu’ils ont menacé de bloquer l’interdiction de la vente de boissons énergisantes aux jeunes ados.
Ruba en quête d’une solution magique
On ne peut pas dire que QS ne s’est pas concentré sur les sujets qui préoccupent les Québécois en revenant constamment à la charge sur le coût de l’épicerie et la crise du logement. Ses députés sont aussi à l’origine de la loi « Gabie Renaud » et de celle interdisant la vente de Red Bull aux ados. Miracle, le parti de gauche a même été épargné par les traditionnelles controverses. Pourtant, il croupit dans les bas-fonds des sondages. L’aiguille ne bouge pas, signe que QS a perdu l’oreille des Québécois avec des propositions irréalistes au fil du temps. Ruba Ghazal est donc à la recherche d’une solution, ne serait-ce que pour sauver les meubles en octobre.
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1 week ago
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