Jeudi midi, lors d’un débat électoral à Lévis, le candidat caquiste Bernard Drainville a subi les attaques groupées de ses quatre principaux adversaires qui ont exhumé certaines de ses déclarations sur le troisième lien interrives.
Le péquiste Yanick Godbout lui a rappelé ses propos du printemps pendant la course à la chefferie de la CAQ. À ce moment-là, M. Drainville se disait convaincu que le pont proposé par sa rivale de l’époque, Christine Fréchette, ne se fera jamais.
Le solidaire Simon Beauchamp-Léveillé a déterré une récente déclaration dans laquelle M. Drainville se disait « un peu tanné des experts » qui s’opposent au mégaprojet.
La libérale Brittany Blais a ironisé au sujet des tergiversations de la CAQ dans ce dossier. « On dirait qu’on est dans une série Netflix. Ça va être quoi la nouvelle saison ? » s’est-elle moquée.
De son côté, la candidate conservatrice Karine Laflamme a insisté sur son opposition au principe du péage que les caquistes préconisent pour la prochaine mouture du projet.
Drainville se défend...
Critiqué de toutes parts, M. Drainville a réagi dans une envolée lyrique dont il est coutumier. Il a d’abord juré avoir toujours défendu ce mégaprojet « malgré le fort lobby anti-troisième lien ».
« S’il y a quelqu’un qui a défendu le troisième lien, c’est bibi. Je l’ai fait partout sur toutes les tribunes, a-t-il répliqué. Je vais défendre ce projet-là contre vents et marées jusqu’à la fin [...] Je ne suis jamais revenu sur ma parole. »
En impromptu de presse, Bernard Drainville a expliqué avoir été convaincu par Christine Fréchette, qui propose un péage et un partenariat public-privé.
Le ministre sortant a critiqué la proposition conservatrice d’un troisième lien à deux voies en disant qu’il faut construire une autoroute à quatre voies. Sinon, les automobilistes seront « à la queue leu leu », a-t-il mis en garde. Il a également raillé l’idée péquiste de réserver un troisième lien au transport collectif.
Affirmant que des camionneurs ont dû faire le détour par Trois-Rivières lors de la récente fermeture temporaire du pont Pierre-Laporte à cause d’une fusillade, Bernard Drainville a dit voir dans ce fait divers « un très bel exemple » qui prouve la nécessité d’un lien autoroutier.
... Puis contre-attaque
Autrefois classé dans la catégorie des souverainistes pressés, M. Drainville s’est par ailleurs attaqué à ses adversaires péquiste et solidaire au sujet du référendum.
« Convainquez-nous que c’est vraiment un bon moment pour faire l’indépendance quand on est en guerre avec le voisin américain. [...] C’est pas avec la séparation qu’on va avoir des contrats du fédéral », a-t-il lancé.
Au sujet de la Davie, Bernard Drainville a soutenu que le chantier naval a bénéficié de l’apport du Fonds de développement économique, un programme que les péquistes et les conservateurs veulent abolir.
Sur l’enjeu de l’immigration, il a critiqué le PQ, qui s’inquiète de la pénurie de main-d’œuvre tout en affirmant vouloir limiter les seuils d’immigration à 35 000 par année.
« Le but est de l’augmenter [le seuil de 35 000] avec le temps », a alors répliqué le péquiste Godbout.
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3 days ago
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